Le tribunal de Bruxelles a tranché. La chanteuse malienne Rokia Traoré écope de deux ans de prison avec sursis pour non-représentation d’enfant. Verdict d’un feuilleton judiciaire de sept ans qui oppose l’artiste à son ex-compagnon belge pour la garde de leur fille.
C’est la fin d’un suspense de sept ans. Mercredi 6 mai 2026, le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné Rokia Traoré à deux ans de prison avec sursis.

La justice belge reproche à l’artiste malienne de ne pas avoir remis sa fille, née en 2015, à son père belge. Malgré plusieurs décisions de justice, la chanteuse a refusé de s’exécuter. Son argument : protéger l’intérêt de son enfant et respecter les jugements rendus au Mali, qu’elle juge en conflit avec la procédure européenne.
Un bras de fer de sept ans
L’affaire démarre en 2019. Depuis, c’est l’impasse juridique. D’un côté, la justice belge. De l’autre, Rokia Traoré, inflexible. Le monde se souvient de son arrestation en 2020 à Paris, sous mandat d’arrêt européen, alors qu’elle se rendait à Bruxelles pour s’expliquer. L’image avait choqué. De Bamako à Paris, artistes et intellectuels avaient dénoncé une « justice à deux vitesses » et défendu le droit des mères africaines.
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Avec ce sursis, Rokia Traoré échappe à la prison ferme. Mais le message de la cour est clair : la Belgique ne transige pas sur les affaires de soustraction d’enfant. Même quand elles touchent une icône mondiale.
Pour la chanteuse, ce verdict est le prix d’un combat. Celui d’une mère qui a mis sa carrière et sa liberté en jeu au nom de ses convictions.
Qui est Rokia Traoré ?
Née le 24 janvier 1974 à Kolokani, au Mali, Rokia Traoré n’est pas issue d’une famille de griots. Fille de diplomate, elle grandit entre l’Algérie, l’Arabie Saoudite, la France et la Belgique. Un parcours qui forge sa musique. Contre l’avis de ses parents, elle se lance. Au lycée à Bamako, elle travaille sa voix. En 1997, sa rencontre avec Ali Farka Touré est décisive. Un an plus tard, elle sort Mouneïssa, son premier album. Succès immédiat : +40 000 ventes en Europe.
Révélation RFI en 1997, elle enchaîne. Wanita en 2000, salué par le New York Times. Bowmboï en 2003, couronné aux BBC World Music Awards. Tchamantché en 2008. Né So en 2016, avec John Paul Jones et Devendra Banhart en invités.
Elle chante en bambara. Sa marque : une musique malienne contemporaine, des textes engagés sur la femme, l’amour, les enfants.
De la scène au tribunal : sept ans de bataille juridique trouvent leur épilogue à Bruxelles.
Japhet Mbakop Tchagha







