De Kigali à Abidjan, Anoushka Malingue poursuit sa montée en puissance. Meneuse de 1,70 m, la jeune internationale camerounaise s’impose progressivement comme l’un des profils à suivre de la nouvelle génération. Derrière cette progression, une relation forte avec Lena Basketball Academy, véritable laboratoire de formation et vivier des sélections jeunes du Cameroun.
Il y a des talents qui éclaboussent immédiatement les parquets par leurs statistiques et d’autres qui construisent leur réputation dans la discrétion, possession après possession, avec une lecture du jeu qui ne trompe pas. Anoushka Malingue appartient clairement à cette deuxième catégorie.

À seulement 17 ans, la meneuse camerounaise, née le 9 février 2009 et formée à Lena Basketball Academy, continue de franchir les paliers avec une progression aussi régulière que prometteuse. Son dernier passage à l’AfroBasket U18 féminin à Abidjan en est une nouvelle illustration.
Avec 7,7 points, 2,2 passes décisives et 1,5 interception de moyenne, Anoushka n’a pas seulement participé à la campagne camerounaise. Elle a surtout démontré les contours d’une meneuse moderne : capable de sécuriser la montée de balle, d’organiser le jeu, de créer du rythme, de défendre sur les lignes de passe et de mettre la pression sur les porteuses de balle.
Son rendement statistique ne raconte d’ailleurs qu’une partie de son impact. Dans une équipe où chaque possession compte, la jeune meneuse apporte également sa capacité à lire le pick-and-roll, à identifier les espaces, à alimenter les joueuses intérieures et à maintenir la fluidité offensive. Une intelligence de jeu qui se construit avec l’expérience et qui semble aujourd’hui s’affirmer tournoi après tournoi.
DE KIGALI À ABIDJAN, UNE COURBE DE PROGRESSION
Avant de découvrir l’univers U18, Anoushka Malingue avait déjà goûté aux exigences du très haut niveau continental chez les jeunes.
En 2025 à Kigali, au Rwanda, elle faisait partie de la sélection camerounaise engagée à l’AfroBasket U16 féminin. Une campagne au terme de laquelle le Cameroun avait décroché la médaille de bronze.

Cette première expérience internationale avait permis à la jeune meneuse de se confronter à des adversaires plus physiques, plus athlétiques et à des défenses capables de changer de couverture au fil des possessions.
Un an plus tard, le décor a changé, la catégorie aussi, mais Anoushka a continué son apprentissage. À Abidjan, chez les U18, elle a montré une joueuse plus mature dans ses choix, plus disciplinée dans l’exécution et surtout plus à l’aise dans la gestion des temps faibles et des temps forts.
Kigali aura été une étape d’apprentissage. Abidjan apparaît davantage comme une confirmation.
La progression est d’autant plus intéressante qu’elle intervient à un poste particulièrement exigeant. Être meneuse, c’est être la première organisatrice du jeu, la dernière garante de l’équilibre offensif et souvent la première défenseuse sur la ligne extérieure. C’est également savoir gérer le tempo, comprendre les match-ups, contrôler les transitions et prendre les bonnes décisions sous pression.Anoushka semble progressivement assimiler ces responsabilités.
LENA BASKETBALL, UNE HISTOIRE QUI DÉPASSE LE SIMPLE CADRE SPORTIF
Derrière cette évolution, il y a une structure et un environnement : Lena Basketball Academy.
Entre Anoushka Malingue et son club formateur, l’histoire est désormais beaucoup plus profonde qu’une simple relation entre une joueuse et une académie. C’est une histoire de formation, de patience, de confiance et de progression.
Depuis ses premières années, la jeune meneuse grandit dans un environnement qui lui permet d’acquérir les fondamentaux, de se confronter à la compétition et de progressivement comprendre les exigences du basketball de haut niveau.
À Lena, son développement s’inscrit dans une philosophie où la formation constitue le socle du projet. Et le cas Malingue illustre parfaitement cette approche : identifier tôt le potentiel, travailler les fondamentaux, donner du temps au développement et accompagner la joueuse jusqu’aux portes des sélections nationales.
Cette trajectoire porte également la signature du président Stéphane Ngassu et du coach Mercuor, dont le travail de fond participe à la construction d’un environnement propice à l’éclosion des jeunes talents.
UN VIVIER QUI ALIMENTE LES SÉLECTIONS JEUNES
Lena Basketball Academy ne se contente pas de former des joueuses pour les compétitions nationales. L’académie entend également devenir un véritable réservoir de talents pour le basketball camerounais.
La présence régulière de ses pensionnaires dans les différentes sélections jeunes témoigne de cette dynamique.
Anoushka Malingue en est aujourd’hui l’une des vitrines. Mais elle n’est pas seule. Les performances collectives des jeunes joueuses de Lena lors des grands rendez-vous démontrent qu’il existe derrière cette académie un travail structurel qui dépasse les individualités.
Le dernier Camp Vision Lena en est une parfaite illustration. Les filles de l’académie ont terminé sur la deuxième marche du podium, au terme d’une finale disputée jusqu’au bout face à une formation de référence comme FAP Basketball, autre grande école de formation de la capitale.
Une défaite sur le fil, mais surtout un signal fort : Lena est capable de rivaliser avec des structures installées et de présenter une génération qui ne demande qu’à continuer sa progression.
UNE MENEUSE À SUIVRE
À 17 ans, Anoushka Malingue n’est évidemment pas encore une joueuse arrivée au sommet. Et c’est précisément ce qui rend son profil intéressant.
Son potentiel réside dans cette marge de progression encore importante. Elle devra continuer à gagner en constance dans l’adresse extérieure, à renforcer sa capacité à créer son propre tir, à améliorer sa gestion des situations de pression et à poursuivre son développement physique pour répondre aux exigences du basketball international senior. Mais les fondations sont là.
Sa capacité à distribuer, à défendre, à lire le jeu et à évoluer dans différents rythmes offensifs constitue déjà une base solide. À mesure que son expérience grandira, son influence sur le jeu pourrait naturellement prendre une nouvelle dimension.
Lena Basketball a donc peut-être encore une belle histoire à écrire avec Anoushka Malingue.
De Kigali à Abidjan, la jeune Lioncelle a déjà franchi deux étapes importantes. La prochaine consistera à transformer cette progression en véritable régularité et, pourquoi pas, à continuer de frapper aux portes de la sélection nationale senior.
Car les grandes carrières commencent souvent ainsi : dans une académie, loin des projecteurs, avec des fondamentaux travaillés chaque jour, des entraîneurs qui croient au potentiel et une joueuse qui accepte de grandir possession après possession.
Anoushka Malingue avance encore dans l’ombre. Mais à force de travail, la lumière pourrait bientôt devenir difficile à éviter.
Et derrière elle, Lena Basketball continue de démontrer qu’au Cameroun, les prochaines générations de Lionnes peuvent aussi se construire dans les académies.
WILFRIED NGOMSEU







