Le sacre de Maëllys Ngo Mboui, élue sous la bannière de la diaspora France, suscite de nombreuses interrogations sur la gestion de son mandat au pays. Pourtant, l’histoire du concours démontre que la nouvelle reine de beauté est loin d’être un cas isolé.
À chaque fois, la même surprise. Et pourtant, le scénario est connu de tous.
Samedi 19 septembre 2026, Maëllys Ngo Mboui est sacrée Miss Cameroun. Née en France, étudiante en double licence Économie-Gestion et Maths-Info, fondatrice de « Cameroonian Girls in STEAM », elle succède à Audrey Black Moutongo.

Une victoire qui relance le débat sur la gestion d’un mandat à distance. Mais Maëllys ne fait que rejoindre une longue lignée de reines venues d’ailleurs.
2018: La Suissesse
Le 30 décembre 2017 au Palais des Congrès de Yaoundé, c’est la surprise. Aimée Caroline Nseke est couronnée Miss Cameroun 2018. Son profil ? Étudiante en droit économique à la Haute École de Gestion Arc de Neuchâtel, titulaire d’un diplôme supérieur de commerce. Elle ne vivait pas à Yaoundé ou Douala, mais en Suisse.

2014: L’Américaine
Retour en arrière. Dans la nuit du 25 au 26 juillet 2014, autre coup de théâtre. Le titre revient à Larissa Ngangoum. Elle débarque des États-Unis où elle est en 4e année de pharmacie. Une universitaire de l’autre côté de l’Atlantique qui coiffe au poteau les candidates locales.

De Neuchâtel à Washington en passant par Paris, le constat est clair: depuis plus de dix ans, la plus belle femme du Cameroun ne vit souvent plus au Cameroun. Ce choix, assumé par le Comité d’Organisation Miss Cameroun, pose la même question à chaque mandat: comment représenter les jeunes filles de Mokolo, de Buea ou de Bertoua quand on étudie à 6 000 kilomètres ?
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Car si la couronne peut prendre l’avion, le mandat, lui, exige de rester au sol. Le COMICA est clair: une fois élue, la Miss signe son code de conduite. Contre un domicile, un véhicule et un salaire, elle doit résider au Cameroun pendant son mandat.
Comment ses prédécesseuses ont géré ?
Aimée Nseke (2018) et Larissa Ngangoum (2014) avaient opté pour le système des allers-retours. Elles gardaient leurs études en Suisse et aux USA mais assuraient les gros événements au pays. Un équilibre fragile qui leur a valu beaucoup de critiques.
Mais il y a quelques mois, Josiane Harangada (2025) a payé le prix fort. Début 2026, le COMICA l’a mise en demeure pour « abandon de poste et absences injustifiées »: plus de présence au domicile de fonction ni au lieu de paiement du salaire. Résultat: sommation de restituer couronne, écharpe et clés.
Maëllys arrivera-t-elle à gérer à distance son projet solide sur le numérique et la lutte contre la cybercriminalité, thème de cette 19e édition ? S’installera-t-elle au Cameroun ? Comme ses devancières, elle devra prouver que la distance n’empêche pas la proximité.
Japhet Mbakop Tchagha






