L’actrice et productrice camerounaise Stephanie Tum a élevé la voix contre le phénomène de piraterie audiovisuelle qui gangrène l’industrie cinématographique locale. Vendredi dernier, elle a accusé la chaîne Star TV d’avoir diffusé son film Deadline for Love sans son accord.
Selon ses explications, la chaîne aurait illégalement téléchargé le film depuis sa chaîne YouTube #Stephanie_Tum_TV avant de le programmer sur son antenne, sans aucun contrat ni démarche officielle auprès de son équipe. Un geste qu’elle qualifie de « vol pur et simple » et qui constitue, selon la loi camerounaise sur le droit d’auteur et les traités internationaux, une infraction passible de sanctions civiles et pénales.
Stephanie Tum rappelle qu’elle est l’unique investisseuse de ses productions. Chaque projet représente des sacrifices financiers et personnels considérables, allant de longues nuits de travail à des dettes contractées pour donner vie à ses œuvres. « Voir quelqu’un s’approprier ce travail sans autorisation ni compensation est profondément offensant », écrit-elle.
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la difficulté pour les producteurs camerounais de rentabiliser leurs créations dans un contexte déjà marqué par la piraterie sur internet, les copies illégales et la diffusion sauvage par certains médias.
Après sa dénonciation publique, Star TV se serait limitée à de simples excuses publiées sur sa page, sans pour autant prendre contact directement avec la productrice. Un comportement qui, selon elle, démontre « un manque d’intégrité et de responsabilité ». Face à cette situation, Stephanie Tum a annoncé son intention d’engager des poursuites judiciaires afin que justice soit rendue et que cet acte serve d’exemple dans l’industrie.
Un combat pour la protection de la propriété intellectuelle
La comédienne, également fondatrice d’Embi Productions, insiste sur la nécessité de bâtir une communauté cinématographique où le travail acharné des créateurs est respecté et protégé. Elle appelle les médias qui souhaitent soutenir les cinéastes à le faire légalement : acheter des droits de diffusion, collaborer sur des partenariats promotionnels ou inviter les créateurs dans leurs programmes. Cette affaire rappelle le cas du 08 avril dernier ou le réalisateur et producteur Blaise Option avait récemment sommé Africa Movie TV d’arrêter la diffusion illégale de ses films.
Ces voix qui s’élèvent rappellent que sans une véritable protection des droits d’auteur et un respect strict des œuvres, le cinéma camerounais restera vulnérable. Plus qu’un simple coup de colère, elles tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme pour sauver une industrie encore fragile.
Elsa Daniele Monti