La quiétude du siège de la Ligue départementale du Littoral de karaté a laissé place, mardi dernier, à une atmosphère de recueillement martial. Dans un silence presque cérémoniel, les karatéka ont ravivé la mémoire de Taiji Kase Sensei, disparu le 24 novembre 2004, figure colossale du Shotokan et éternel maître à penser de générations entières de pratiquants. Un hommage riche, technique et profondément inspirant, à la hauteur du mythe.
Une plongée dans l’histoire d’un stratège du Shotokan
La cérémonie s’est ouverte par une projection retraçant le parcours hors normes du maître japonais. Du JKA Honbu Dojo, où il forgea son style explosif, jusqu’à ses travaux novateurs sur le Kase Ha Shotokan-Ryu, la vidéo a rappelé comment Kase Sensei avait transcendé les codes traditionnels pour apporter au karaté une dimension plus fluide, plus intérieure, presque alchimique.

Ses concepts de Zanshin, Fudoshin et Kime ont été particulièrement mis en lumière, rappelant la précision chirurgicale et la profondeur spirituelle de son enseignement.
Échanges techniques : un dojo transformé en laboratoire martial
La projection n’a pas suffi à assouvir la soif d’apprentissage des karatéka présents. Très vite, les discussions ont glissé vers les fondamentaux du maître :
le Gyaku Zuki explosif,
les enchaînements en Heian et Tekki revisités,
les principes de respiration Ibuki,
et la fameuse posture Fudo Dachi, signature de Kase Sensei.
Sous la conduite des encadreurs, la salle s’est transformée en un véritable dojo de recherche technique, où chaque mouvement était exécuté avec la rigueur et la conscience chères au maître japonais. Les participants ont pu ressentir la subtilité de sa méthode, notamment l’importance du relâchement avant l’impact et la maîtrise de la rotation des hanches (Hiraite et Mawatte).

Un héritage vivant qui continue d’élever les pratiquants
L’activité n’avait rien d’un simple hommage symbolique. Elle fut une transmission vivante, un exercice d’humilité et de perfectionnement, fidèle à l’esprit de Kase Sensei qui prônait un karaté total : puissant, épuré, intelligent et avant tout humain.
Entre deux échanges, les pratiquants saluaient unanimement les bienfaits de cet instant : un retour aux bases, une compréhension affinée de leurs propres katas, et surtout une redécouverte de l’essence même du budo.
Chute : Le Littoral garde la flamme du maître allumée
En quittant le siège de la ligue, chacun emportait plus qu’un simple souvenir : un fragment de l’âme de Taiji Kase.
Un maître qui, vingt ans après sa disparition, continue de guider les gestes, d’inspirer les esprits et de façonner des karatéka qui n’oublient jamais que le véritable combat se mène d’abord en soi-même.
WILFRIED NGOMSEU







