Ça y est, pour la deuxième fois de son histoire, le Sénégal est champion d’Afrique. Les Sénégalais remportent 1-0 le duel face au Maroc au terme des prolongations, la conclusion d’un match aux multiples rebondissements.
Sénégal, roi du Maghreb et d’Afrique
Grâce au troisième but de Pape Gueye, inscrit en tout début de prolongation, le Sénégal s’impose 1-0 et soulève sa deuxième couronne africaine, et ceci à l’espace de trois éditions. Un autre signe de régularité est qu’au XXIe siècle, les Sénégalais ont disputé quatre finales de CAN pour deux succès. Mieux encore, les Lions de la Teranga, grâce à ce sacre, deviennent l’une des rares nations d’Afrique subsaharienne à venir porter le trophée dans le Maghreb. Le Sénégal a d’ailleurs la formule, puisqu’il a gagné le CHAN 2022 (joué en 2023) en Algérie ; c’était déjà sous le règne d’un certain Pape Thiaw.

Super Mané guide les siens
Et si le Sénégal l’a emporté à Rabat, c’est surtout grâce à la classe signée Sadio Mané, aussi bien impactant sur et en dehors du terrain. Le numéro 10 sénégalais est à l’avant-dernière passe sur la réalisation de Pape Gueye, mais c’est surtout dans le trouble que le Ballon d’Or africain a affiché son leadership au moment de rappeler les siens, qui avaient protesté en sortant de la pelouse après le penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel. Et c’est sous les conseils de Claude Le Roy que l’attaquant d’Al-Nassr a rappelé les siens à la 90+22 en leur martelant : « Venez, venez, on va jouer comme des hommes !! »

Et la suite, on la connaît, avec un Sadio Mané champion d’Afrique, meilleur joueur de la compétition (2 buts, 3 passes décisives), comme lors du succès au Cameroun il y a quatre ans. Le recordman de buts en sélection du Sénégal a clôturé son histoire avec la CAN de la plus belle des manières, avec un nouveau titre ainsi qu’un record, celui du meilleur joueur actuel de l’histoire du tournoi.
Un arbitrage (encore) calamiteux
Comme cela a été régulièrement le cas ces dernières semaines de compétition, et notamment sur les matchs du Maroc, l’arbitrage a été honteux. Et c’est avec le sifflet de Jean-Jacques Ndala que ce problème a perduré jusqu’en finale, car si cette rencontre a basculé dans l’irrationnel, l’arbitre congolais en est le grand responsable. À la 92e minute, il refuse l’ouverture du score sénégalaise pour un contact entre Abdoulaye Seck et Achraf Hakimi sur un corner, puis accorde un penalty après consultation rapide du VAR au Maroc à la 98e, suite au même type de duel entre Malick Diouf et Brahim Diaz sur un corner des Lions de l’Atlas. Une décision litigieuse qui crée le courroux des joueurs et du staff sénégalais, qui choisissent en grande partie (sauf Mané, Ismaïla Sarr et Abdoulaye Seck), sous l’impulsion du sélectionneur Pape Thiaw, de quitter la pelouse et de rentrer aux vestiaires en guise de protestation pendant plusieurs minutes. On peut aussi ajouter le carton jaune illogique distribué à Lamine Camara en première période sur une faute inexistante.

Brahim Diaz, de héros à zéro
90+24 : l’attaquant du Maroc a la balle de titre sur ce penalty, qui sera exécuté mais manqué à cause d’une panenka stoppée par un Édouard Mendy vigilant. Un geste technique audacieux et inefficace qui prive le Maroc d’une nouvelle étoile africaine depuis un demi-siècle d’attente. Pourtant, Brahim Diaz restait sur un 100 % (1 penalty) de réussite dans l’exercice durant les matchs, mais s’est complètement loupé et a fini la partie en larmes. En guise de réconfort, le joueur du Real Madrid a reçu son trophée de meilleur buteur (5) de cette CAN, mais l’essentiel était beaucoup plus collectif dans l’esprit du numéro 10 marocain et non individuel.
On rappelle donc que dans cette 35e édition de la CAN, la malédiction du Cameroun s’est prolongée, car après l’Égypte en 2022 et le Nigeria en 2024, c’est au tour du Maroc de tomber en finale après avoir éliminé les Lions Indomptables en phase finale.
ABEL LONGA







