La Coupe d’Afrique des Nations change de dimension. Place désormais au football à haute intensité, celui où la moindre erreur de placement, la plus petite perte de concentration ou un duel aérien mal négocié peut faire basculer un destin. Les huitièmes de finale ouvrent officiellement la phase du football sans retour, où la gestion des temps faibles, la maîtrise tactique et l’impact psychologique prennent le pas sur les statistiques.

Sénégal – Soudan : l’expérience face au courage
À Tanger, au stade Ibn Batouta, ce samedi 3 janvier (16h00 GMT), le Sénégal, solide leader de son groupe avec 7 points, mettra à l’épreuve sa rigueur défensive, son bloc médian compact et sa capacité à déséquilibrer dans les demi-espaces face à un Soudan résilient, véritable symbole de résistance dans un contexte extra-sportif dramatique. Les Lions de la Teranga, champions en titre, partent avec l’avantage historique et technique, mais le Soudan, vainqueur surprise de la Guinée équatoriale, arrive libéré, capable de défendre bas, fermer les intervalles et jouer chaque transition comme une finale. Un duel où la gestion émotionnelle sera aussi décisive que la qualité technique.
Mali – Tunisie : le poids de l’histoire
À Casablanca également, ce 3 janvier (19h00 GMT), le stade Mohammed V accueille un choc psychologique. Le Mali, souvent accroché en phase de groupes, affronte une Tunisie sous pression, prisonnière d’un tabou historique : aucune victoire face aux Aigles maliens en CAN. Les Aigles du Mali misent sur leur volume de jeu, leur agressivité à la récupération et leur capacité à étirer le bloc adverse. En face, la Tunisie cherchera à casser la série par une maîtrise du tempo, une meilleure occupation des couloirs et un jeu plus vertical. Un match où la gestion des temps forts pourrait être décisive.
Maroc – Tanzanie : vigilance obligatoire
À Rabat, au stade Prince Moulay Abdellah, ce dimanche 4 janvier (16h00 GMT), le Maroc, impressionnant en phase de groupes avec une différence de buts éloquente, avance avec ses certitudes : circulation rapide, pressing coordonné, efficacité offensive, incarnée par un Brahim Díaz en état de grâce.
Mais la Tanzanie, novice à ce stade de la compétition, n’a rien à perdre. Sa seule victoire historique face aux Lions de l’Atlas reste un rappel : en phase à élimination directe, la hiérarchie peut voler en éclats sur une transition éclair ou un coup de pied arrêté mal défendu.
Afrique du Sud – Cameroun : le duel des destins croisés
À 19h00 GMT également, ce dimanche 4 janvier, le stade Al Barid s’embrase pour l’un des chocs les plus symboliques. Hugo Broos, artisan du sacre camerounais de 2017, affronte aujourd’hui les Lions Indomptables avec une Afrique du Sud joueuse, portée par une qualification spectaculaire.
Le Cameroun, plus pragmatique, s’appuie sur sa puissance athlétique, son jeu aérien et son expérience des matchs couperets. L’équilibre parfait des confrontations directes annonce un match tendu, rythmé, où la gestion des duels individuels sera déterminante.
Égypte – Bénin : le piège tactique
À Agadir, lundi 5 janvier (16h00 GMT), l’Égypte, souveraine en phase de groupes, retrouve un Bénin discipliné, façonné par Gernot Rohr, technicien rompu aux subtilités du football africain.
Les Pharaons, emmenés par Mohamed Salah, dominent historiquement cette opposition, mais devront se méfier d’un adversaire capable de densifier l’axe, ralentir le jeu et exploiter la moindre erreur de relance. Un match où la lecture tactique primera sur le talent brut.
Nigeria – Mozambique : confirmation attendue
À Fès (19h00 GMT), le Nigeria, auteur d’un parcours parfait en phase de groupes, vise une qualification sans ambiguïté. Pressing haut, percussion sur les ailes, efficacité devant le but : les Super Eagles affichent un arsenal offensif redoutable.
Le Mozambique, souvent dominé dans ce type d’affiche, tentera de résister par un bloc bas compact et des sorties rapides. Mais toute baisse d’intensité nigériane serait perçue comme une anomalie.
Algérie – RD Congo : l’expérience face à l’ambition
À Marrakech, mardi 6 janvier (19h00 GMT), la Côte d’Ivoire, tenante du titre, affronte un Burkina Faso toujours redoutable dans les grands rendez-vous.
Les Éléphants, portés par une capacité exceptionnelle à renverser des situations compromises, devront se méfier des Étalons, solides, disciplinés et experts dans l’art de neutraliser les forces adverses. Un match de gestion des détails, là où se jouent les grandes compétitions.
Ces huitièmes de finale ne sont pas qu’un simple tour éliminatoire. Ils sont le point de bascule où les ambitions se confirment ou s’effondrent, où la CAN révèle sa véritable nature : un football exigeant, imprévisible, où la maîtrise tactique, l’intelligence de jeu et la force mentale deviennent les véritables trophées avant le sacre final.
WILFRIED NGOMSEU







