La finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Sénégal et le Maroc continue de faire couler beaucoup d’encre, plusieurs jours après le coup de sifflet final. Si le Sénégal est sorti vainqueur de cette rencontre âprement disputée, les décisions arbitrales ont rapidement éclipsé l’aspect sportif du match, plongeant la finale dans une polémique d’ampleur continentale.
Plusieurs choix de l’arbitre central, le Congolais Jean-Jacques Ndala, notamment certaines décisions prises avec l’assistance de la VAR, ont suscité l’incompréhension et la colère du camp marocain. Supporters, anciens joueurs et consultants sportifs ont dénoncé un arbitrage jugé partial, alimentant un profond sentiment d’injustice après la défaite en finale.

La polémique prend une tournure politique
Au Maroc, la controverse a rapidement dépassé le cadre strictement sportif. Lors d’une session parlementaire, un élu marocain a publiquement exigé que l’arbitre de la rencontre, le Congolais Jean-Jacques Ndala, soit traduit en justice, l’accusant ouvertement de « collusion » ou de « graves manquements ». Une sortie aussi spectaculaire qu’inhabituelle, révélatrice du climat particulièrement tendu qui règne dans le pays depuis la finale.
Dans une déclaration qui a rapidement enflammé les réseaux sociaux, le député est allé encore plus loin, affirmant sans détour : « Il a fait voler en éclats notre rêve, il doit être jugé et condamné ici. »
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Des propos forts, largement relayés par la presse nationale, qui témoignent de l’ampleur de la frustration et de la colère suscitées par l’issue du match.
Des propos jugés excessifs et troublants
Plus troublant encore, le député a également évoqué des thèses irrationnelles, suggérant que les joueurs sénégalais auraient eu recours à des pratiques mystiques ou à de la « sorcellerie » pour influencer le cours de la rencontre.
Il a notamment relié ces insinuations au moment où le Sénégal a brièvement quitté la pelouse à la suite du penalty litigieux, estimant que l’arbitre aurait dû, selon lui, attribuer immédiatement la victoire au Maroc. La décision de reprendre le match a ainsi été qualifiée d’« illogique ».
Ces déclarations, largement critiquées par plusieurs observateurs, ont contribué à tendre davantage le débat, en l’éloignant du terrain sportif pour le faire basculer dans un registre émotionnel et polémique.
Une hypothèse juridiquement peu probable
Malgré l’émotion et la pression populaire, une éventuelle poursuite judiciaire contre l’arbitre apparaît hautement improbable. En l’absence de preuves formelles de corruption ou de faute pénale avérée, les décisions arbitrales relèvent avant tout du champ sportif et disciplinaire, sous l’autorité de la CAF et de la FIFA, et non de la justice pénale.
La CAF sous pression
Face à l’ampleur de la polémique, la Confédération africaine de football a annoncé l’ouverture d’une analyse approfondie de l’arbitrage de la rencontre. Si des sanctions devaient être envisagées, elles concerneraient exclusivement le cadre réglementaire du football africain, sans implication judiciaire directe.
Quelles que soient les suites données à cette affaire, la finale Sénégal–Maroc restera comme l’une des plus controversées de l’histoire récente de la CAN. Entre passion populaire, pression politique et dérives verbales, cet épisode illustre une nouvelle fois à quel point le football peut devenir un révélateur de tensions bien au-delà du rectangle vert.
Japhet Mbakop Tchagha







