Le peloton camerounais est en deuil. Un coureur s’est arrêté net, loin de la ligne d’arrivée, dans une échappée tragique dont personne ne revient. TATSINKOU TITI Rodolphe, surnommé « Char de guerre », a quitté la course de la vie ce 25 mars 2026, terrassé par une succession de complications médicales, alors qu’il était en pleine bataille contre une malaria aiguë et une fièvre typhoïde, auxquelles est venue se greffer une tumeur hépatique fatale.
Le chronomètre s’est figé pour celui qui, sur les routes comme sur les pistes, imposait son tempo avec puissance et régularité. Capitaine d’Achega Vélo Club, Rodolphe était de ces coureurs capables de dynamiter une course, de lancer des offensives tranchantes et de tenir des relais d’une intensité rare. Grimpeur aguerri, il avalait les cols et faux-plats avec une aisance remarquable, transformant chaque ascension en démonstration de force et de résilience.

Formé dans l’Ouest du Cameroun, il s’était construit à la force du jarret, forgeant son endurance au fil des kilomètres et des compétitions. Dans le peloton national, il s’était imposé comme un élément moteur, un coureur complet, aussi à l’aise dans les étapes vallonnées que dans les parcours plus roulants. Sa lecture de course, sa capacité à anticiper les attaques et à gérer les efforts faisaient de lui un atout stratégique majeur pour son équipe.
Ses performances n’ont pas échappé aux sélectionneurs nationaux. Sous les couleurs du Cameroun, « Char de guerre » a défendu avec panache et abnégation les couleurs nationales, portant haut l’étendard du cyclisme camerounais sur la scène internationale.
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Mais c’est surtout sur la TRANSCA, la Transrégionale Camerounaise organisée par la FENAP, qu’il a inscrit son nom en lettres majuscules. Véritable spécialiste de cette épreuve exigeante, mêlant endurance, stratégie et régularité, il en a été le maître incontesté, s’adjugeant à trois reprises le maillot de vainqueur. Une performance qui témoigne de sa constance au plus haut niveau et de sa maîtrise des paramètres techniques propres aux courses à étapes.
Leader charismatique, il préparait encore ses coéquipiers d’Achega Vélo Club aux prochaines échéances, insufflant cette culture de l’effort, du dépassement de soi et de la cohésion d’équipe qui le caractérisait. Mais cette fois, la course s’est jouée hors du bitume. Et malgré toute sa combativité, le dernier relais, livré à l’hôpital, n’a pas suffi pour franchir la ligne.
Le peloton perd un rouleur d’exception, un grimpeur tenace, un capitaine respecté. La Fédération, ses coéquipiers et toute la famille du cyclisme camerounais restent sous le choc, privés d’un talent brut et d’une personnalité fédératrice.
TATSINKOU TITI Rodolphe laisse derrière lui le souvenir d’un athlète engagé, d’un compétiteur acharné, et d’un amoureux inconditionnel de la petite reine. Son nom restera gravé dans les classements, mais surtout dans les mémoires.
WILFRIED NGOMSEU






