La mort soudaine de l’actrice sénégalaise Halima Gadji a ému le monde du cinéma africain, et certaines stars camerounaises ont tenu à exprimer leur soutien et leur émotion face à cette perte. Au-delà des hommages, cette tragédie a également ouvert un débat crucial sur la santé mentale et la dépression, des sujets encore trop souvent tabous en Afrique.
Dans la nuit du 27 janvier, la sphère culturelle africaine a appris le décès de l’actrice et productrice sénégalaise, figure importante du cinéma africain, mais aussi présentatrice TV, notamment dans l’émission «Le Chœur des femmes», présentée par Deborah Muntund et qui a vu passer de nombreuses chroniqueuses du continent.
Plus qu’une grande perte, la mort d’Halima Gadji n’a pas seulement suscité de la tristesse, mais aussi une remise en question sur des thématiques encore sensibles dans l’environnement africain : la santé mentale et la dépression.

Afin de lui rendre hommage, de nombreuses célébrités se sont exprimées à ce sujet, soulignant l’importance de parler à temps, de s’entourer des bonnes personnes, mais surtout de consulter des spécialistes.
Devenue une ambassadrice de cette bataille, Halima avait plusieurs fois évoqué ses tentatives de suicide et ses traumatismes, mettant à nu la dépression et ses nombreuses facettes… Au lendemain de sa mort, son combat a été repris par certaines stars camerounaises, qui se sont exprimées à ce sujet afin de sensibiliser notamment sur les causes.
Les réactions des stars camerounaises
Charlotte Dipanda, chanteuse camerounaise, a partagé un message poignant sur les réseaux sociaux, rappelant les mots d’Halima Gadji, qui disait que «sourire était parfois la seule manière de montrer au monde que tout allait bien». Elle lui souhaite désormais le repos éternel, saluant une belle âme.

Diane Nama, humoriste camerounaise avec qui Halima partageait le plateau de «Le Chœur des femmes», a publié sa dernière conversation avec la défunte, exprimant sa tristesse et son soutien à sa famille et à ses proches, et mettant en avant le côté solaire de la jeune femme.
Muriel Blanche, via Snapchat, a levé le voile sur les causes de la «dépression» que l’on a tendance à négliger, et pourtant c’est un fléau qui détruit à petit feu. «On parle beaucoup de réussite, de force et de courage. Mais on parle trop peu de santé mentale. Et ce silence en dit long sur nos priorités. On banalise la fatigue émotionnelle. On minimise l’anxiété», a-t-elle écrit, en exhortant le grand public à prendre soin de la santé mentale de leurs proches afin qu’ils ne succombent pas à cette maladie psychique.
📣 Ne ratez rien de l’actualité culturelle et sportive du Cameroun 🇨🇲🇨🇲🇨🇲 sur notre chaîne WhatsApp : urlr.me/Pb5kD9
Coco Emilia, qui traverse une période difficile depuis la fin de son mariage avec Francis Mvemba, a mentionné avoir souffert de dépression depuis quatre ans et ne toujours pas savoir comment se comporter face à cette maladie. Souvent négligée et moquée, elle a insisté sur le fait qu’isoler la personne à cause de ses comportements peut pousser au pire, la meilleure solution étant l’encadrement et le soutien total.
Autre point de vue évoqué, celui du Dr Lova Nyemb Bassong, écrivaine camerounaise, qui a dénoncé la fausse compassion des réseaux sociaux, soulignant que la véritable compassion se manifeste quand c’est inconfortable et souvent loin des regards et des applaudissements, insistant aussi sur le fait que les réactions sur le net contribuent très souvent à créer la dépression chez les stars… Avis allant dans le sens de la publication de l’humoriste Moustik Le Karismatik, qui a pris le cas de Lydol et a écrit : «On pleure ceux que la dépression a emportés, mais on oublie que le harcèlement est souvent la rivière qui y conduit.»
Lire aussi : Stéphanelle : «Nos frères camerounais ne savent pas soutenir, ils ne font que critiquer»
Autant de réactions, et bien d’autres, sur ce sujet sensible et pourtant important, qui prend de plus en plus de place dans la société. La mort d’Halima Gadji a mis en lumière les défis liés à la santé mentale, en particulier pour les personnalités publiques confrontées à la pression médiatique et aux attentes sociales.
Cette tragédie est un rappel poignant de l’importance de prendre soin de la santé mentale et de soutenir ceux qui luttent contre la dépression. Il est temps de briser le silence et de parler ouvertement de ces sujets tabous.
Manu Nkama







