La scène du rap ivoirien est en feu. Entre diss tracks, attaques personnelles et clashs viraux, trois figures majeures Didi B, Himra et Suspect 95 s’affrontent à coups de punchlines. En pleine escalade verbale, les personnalités ivoiriennes appellent à l’apaisement, tandis que les réseaux sociaux s’enflamment.

Trois visages, trois styles mais un drame
– Didi B (Mohamed Sylla) : ancien membre de Kiff No Beat, superstar ivoirienne du rap mainstream.
– Himra (Abdul Rahim Souleymane Bakayoko) : porte-voix du “nouchi drill”, brut et authentique.
– Suspect 95 (Gui Ange Emmanuel) : rappeur engagé, proche du peuple et des thématiques sociales.
Tout commence le 17 octobre 2025. Un diss track signé Didi B fuite en ligne. Loin de démentir, il assume :
« Tu crois que c’est un hasard si le son a fuité ? » . Il glisse même une pique à Suspect 95 : « J’ai 99 problèmes, 95 n’en est pas un »

Himra réagit presque immédiatement avec le titre “Nabo Clément”, dans lequel il attaque les choix artistiques et financiers de Didi B. Il tease aussi un projet mystérieux : « Dachiba Koumgba Tchaïba Dalshime »
Puis vient Suspect 95, avec une attaque directe : « Si tu n’étais pas star, on allait croire que la fille-là est allée chercher son neveu au school ». Une phrase perçue comme une attaque envers Saraï, l’épouse de Didi B.
Les réseaux s’enflamment, la paix réclamée
Accusations, moqueries, photos détournées : le clash devient un feuilleton. Mais face à l’emballement, certaines figures culturelles appellent au calme : Gohou Michel, figure humoristique ivoirienne a publié un message fort adressé aux trois artistes : « Il y a des mots qui divertissent… et d’autres qui détruisent. Le mot ‘diss track’ vient du mot distraction. … Vous êtes talentueux, brillants, inspirants. Mais là où vous deviez nous élever, vous commencez à vous déchirer. Vos chansons dépassent les rimes. Elles blessent des femmes. Elles humilient des familles. »

Il les invite à semer dignité, valeurs et fierté, rappelant que « la musique est un don, ne la transformez pas en poison. »
« Vous êtes brillants. Ne laissez pas la division voler votre impact », a déclaré également un acteur influent du showbiz ivoirien.
Si certains parlent de rivalité toxique, d’autres y voient une stratégie marketing bien rodée. Chacun y gagne en visibilité, mais à quel prix ? Lorsque les mots dépassent les rimes pour toucher les vies, la ligne entre art et violence se brouille. L’appel à la paix prend tout son sens.
Les fans sont divisés, les artistes exposés. Une chose est sûre : le rap ivoirien vient de franchir un nouveau cap.
Japhet Mbakop Tchagha







