La 74e édition de Miss Univers, tenue en Thaïlande, aura laissé un parfum de controverse et de doutes. Ce qui devait être une grande fête de la beauté mondiale s’est transformé en terrain glissant entre tensions en coulisses, soupçons de favoritisme, démission, départ précipité d’un membre du jury, les voix se lèvent autour du prestigieux concours de beauté. La rédaction de SCN a mené une enquête pour vous, et vous plonge au cœur de l’histoire.
Tout a commencé dès les premiers jours du concours, lorsqu’un délégué national s’est fait remarquer par des propos jugés déplacés à l’encontre de Miss Mexique. L’affaire a jeté une ombre sur l’événement, installant un climat tendu parmi les candidates et les équipes.

Mais le vrai choc est venu lors du couronnement. Le sacre de la Mexicaine a fait bondir une partie du public. Sur les réseaux sociaux, les réactions ont fusé : prestations jugées peu convaincantes, incohérences dans les classements, et surtout une impression générale que la décision finale ne reflétait pas les attentes. Au cœur de cette tempête, un juré a choisi de claquer la porte, pointant du doigt des « irrégularités dans le processus ».
Face aux accusations, Raul Rocha, président du concours, a pris la parole pour calmer les esprits : « Il n’existe aucun lien entre un quelconque contrat et la victoire de cette candidate. Toute autre interprétation est sans fondement. »
Entre passion, politique et perception, cette édition 2025 risque de rester longtemps dans les mémoires. Depuis l’élection de Fatima Bosch comme Miss Univers 2025, les rumeurs ne cessent d’enfler. Au cœur des débats : la proximité supposée entre Raul Rocha, président de l’organisation Miss Univers, et le père de la nouvelle reine de beauté, Bernardo Bosch Hernandez. D’aucuns évoquent même un contrat d’affaires à plusieurs millions entre leurs entreprises respectives, insinuant que la couronne aurait été « négociée » en coulisses.

Des allégations que Raul Rocha balaie fermement. Ce lundi, le magnat mexicain a publié une longue clarification sur Instagram. Deux pages de démenti, chiffrées et argumentées, dans lesquelles il dénonce des tentatives de désinformation alimentées par certains médias et créateurs de contenu, guidés selon lui par le sensationnalisme et l’opportunisme.
Dans son texte, Rocha revient sur ses échanges avec Petroleos Mexicanos, l’entreprise où travaille le père de Fatima Bosch. Il admet l’existence de discussions datant de 2023, mais insiste : elles n’ont généré « aucun bénéfice extraordinaire ». Il précise aussi que l’une de ses sociétés n’a acquis 50 % de Miss Univers qu’en janvier 2024, soit « presque un an après la signature du contrat évoqué ».

Surtout, Raul Rocha insiste : « Pendant la période où les démarches liées à cet appel d’offres ont été menées, je n’avais aucun lien direct ou indirect avec qui que ce soit au sein de Miss Univers, et encore moins avec la famille Bosch. Je n’ai rencontré le père de Fatima que récemment, en septembre 2025, lors de Miss Univers Mexique. »
Il conclut : « Il est donc totalement faux et impossible de dire qu’il existe un lien quelconque entre ce contrat et la victoire de cette candidate. Deux ans et huit mois séparent la signature du contrat et le concours. »
Des propos clairs… mais suffiront-ils à calmer les sceptiques ? L’affaire continue d’agiter la toile
Hier encore, dans une interview accordée au PDG, il explique la raison pour laquelle Olivia Yacé, la préférée du public ne pouvait pas avoir la couronne ultime. Selon des critères de notation, le passeport compte pour près de 80%. Un point qui mettrait l’ivoirienne à l’écart du titre, selon lui.
Cependant, du côté du pays de Macron, l’heure est au questionnement. Frédéric Gilbert, président de Miss France, a exprimé ses doutes dans un entretien à Paris Match. Il s’interroge sur la pertinence de continuer à participer : « On paie tous une licence pour envoyer une candidate, donc il faudra des réponses. Une erreur peut arriver, mais là, l’accumulation est trop grande. »
Olivia Yacé, la Miss univers Afrique et Oceanie rend l’écharpe
Chez les candidates africaines aussi, la grogne monte. L’Ivoirienne Olivia Yacé, qui avait été sacrée Miss Univers Afrique et Océanie en tant que quatrième dauphine, a choisi de se retirer officiellement de son titre et de toute affiliation avec l’organisation. Dans un message fort, elle évoque son besoin de se recentrer sur ses valeurs profondes : respect, dignité, excellence, égalité des chances. Une manière de signifier, sans détour, que l’actuelle gestion du concours ne répond pas à ces principes.

Très appréciée du public et grande favorite de l’édition, Olivia adresse aussi un appel fort à toutes les diasporas noires et afrodescendantes : « Continuez à entrer dans ces espaces où l’on ne vous attend pas. Nos voix comptent. »
Parallèlement, l’état de santé de Miss Jamaïque, Gabrielle Henry, continue d’inquiéter. Victime d’une chute spectaculaire lors des présélections, elle n’a pas pu participer à la finale. Toujours hospitalisée à Bangkok dans une unité de soins intensifs, elle serait selon ses proches exempte de toute faute lors de sa démarche. L’organisation Miss Univers, restée muette pendant plusieurs jours, a fini par réagir ce lundi, assurant que tous les frais médicaux étaient pris en charge. Elle précise également que la candidate va mieux et devrait sortir bientôt.
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Mais ce nouvel épisode pourrait bien nuire encore davantage à la réputation du concours. Car au-delà du couronnement, c’est désormais la crédibilité et l’éthique même de Miss Univers qui sont remises en question.
Cette édition 2025 de Miss Univers, censée célébrer la beauté, la diversité et l’excellence féminine, aura surtout révélé des fractures profondes au sein de l’organisation. Entre départs fracassants, polémiques, soupçons de favoritisme et incident médical, le concours traverse l’une des plus grandes crises de son histoire.
Loin des strass et paillettes, les voix s’élèvent pour réclamer plus de transparence, d’éthique et de justice. Si Miss Univers veut rester un symbole global d’inspiration, il lui faudra désormais se réinventer avec courage, intégrité et responsabilité.
Japhet Mbakop Tchagha






