La Coupe d’Afrique des Nations, c’est bien plus qu’un match de football, c’est une vibration, un cri du cœur, une ambiance que seuls les peuples africains savent créer. Et au Cameroun, cette ferveur dépasse les stades. Depuis quelques semaines, un refrain martelé avec conviction résonne partout : « On est venu gagner ». Le morceau de Baladji Kwata, devenu viral, est bien plus qu’un hit, c’est un hymne de guerre populaire ; le reflet d’un peuple qui veut la coupe, sans détour.
Basé à Ngaoundéré, le groupe Baladji Kwata est né en 2007 autour de Meknel, accompagné de Petit Nono et Big Willy. Aujourd’hui, il compte cinq membres : Meknel, Dogui le Baladjien, Monsieur Muss, Blek et Devas. S’ils préparaient tranquillement leur prochain album prévu sortir en 2026, la CAN est venue tout bouleverser.

Pressés par leurs fans, chauffés par l’ambiance de la compétition, ils entrent en studio et, en seulement six heures, ils livrent “On est venu gagner”, un morceau frontal, brut, qui résonne comme un appel aux «armes» dans les fan zones, sur les réseaux sociaux et dans les rues.
Dès les premières paroles, le ton est donné : « Cameroun on est venu gagner, on ne vient pas s’amuser, on vient vous framboner, on ne vient pas rigoler, on vient vous chicoter… » Tranchant, authentique, il devient la bande-son officieuse des supporters camerounais.
Provocation assumée, fierté revendiquée. Ce n’est pas juste un chant : c’est une déclaration de guerre musicale ; un soutien populaire inconditionnel aux Lions Indomptables. Dans la même veine, le groupe ose même glisser une pique au sélectionneur : « On compte sur toi, mais si tu ndem, tu vas bouffer la tontine ».
Un avertissement direct, reflet d’un peuple qui attend plus que des promesses.
Une CAN en musique, une nation en transe
Aux côtés de Baladji Kwata, d’autres artistes s’imposent dans la bande-son de cette CAN 2025. Mimie signe avec “237 Mood” un titre vibrant, festif, fédérateur. « Être Camerounais, c’est avoir le rythme dans la peau », scande-t-elle, rappelant que, même en dehors du stade, le Cameroun gagne par son style, sa culture, son mood.

Philbill, lui, opte pour une approche spirituelle. Dans “Le vrai abélé”, il évoque l’abélébanisation – un concept propre à l’artiste qui fait du rythme une prière, une offrande au destin, un appel à la victoire.
« Ça c’est le vrai abéléééée… » : le refrain devient presque incantatoire.
King Luca et Elisha K pour leurs parts livrent une note d’espoir avec “La Victoire”. « La victoire arrivera tôt ou tard… » chantent-ils, sur un air lent, presque méditatif. Ici, pas de provocation, mais un appel à la résilience, à la patience, à la foi en une issue heureuse, quelle que soit l’adversité.
La CAN 2025 ne se joue pas qu’au Maroc. Elle se vit dans les quartiers, les fan zones, les salons, les taxis et surtout dans les playlists. Ces chansons sont des prolongements du terrain, des cris du cœur, des appels à la gloire. Et si les Lions rugissent encore plus fort cette année, c’est peut-être aussi parce qu’en fond, une nation entière chante : « Cameroun, on est venu gagner ! »
Japhet Mbakop Tchagha







