La plateforme a parlé, et elle n’a rien pardonné. Le 14 mars 2026, du côté de Champions Sport à Efoulan, la Fédération camerounaise de powerlifting et disciplines affinitaires (FECAPEDA) a officiellement donné le coup d’envoi de sa saison sportive. Entre assemblée générale sous la supervision du MINSEP et affrontements sur le plateau, ce lancement a servi de véritable test grandeur nature pour des athlètes en quête de repères, de standards et de performances brutes.
Dans une discipline où chaque kilo soulevé est le fruit d’un travail millimétré entre squat, bench press et deadlift , la reprise n’a laissé aucune place à l’approximation. Il s’agissait ici d’évaluer les max lifts, de recalibrer les charges de travail et surtout de jauger l’état de forme après la trêve.

Le président de la FECAPEDA, Calvin Yao, n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler les ambitions élevées de la fédération : «Nous sortons d’une saison marquée par notre présence sur la scène internationale, notamment en Tunisie et à Abuja, où nous avons décroché des médailles d’or. L’objectif est clair : continuer sur cette dynamique et viser la plus haute marche du podium lors des prochaines échéances continentales.»
Dans le viseur : le championnat d’Afrique de bras de fer au Ghana (27 avril – 1er mai) ainsi que le championnat d’Afrique Zone 4 que le Cameroun s’apprête à accueillir. Des rendez-vous où explosivité, technique de levée et gestion de la charge maximale seront déterminants.
UN PLATEAU RÉVÉLATEUR : ENTRE CONFIRMATIONS ET AJUSTEMENTS
Au-delà de la simple reprise, cette journée a mis en lumière les réalités du haut niveau : gestion de la fatigue neuromusculaire, maîtrise du gainage, précision dans les phases excentriques et concentriques chaque détail a compté.
Champion d’Afrique en -53 kg et détenteur du record continental au développé couché, Tinkounzeu Darel Aram a affiché ses ambitions : «Cette compétition me permet de vérifier ma progression et d’ajuster mon programme. Mon objectif reste de battre mon propre record et de conserver mon titre.»

Chez les dames, la nouvelle venue Meli Fopa Mariane Taylor (-70 kg) a découvert l’exigence du plateau : « Il y avait du stress, mais c’est une bonne expérience. Je dois encore travailler ma technique, notamment sur la stabilité et l’exécution. Je veux repousser mes limites. »
Moment plus difficile pour le capitaine des Lions, Julio Techap (-83 kg), stoppé net dans son élan après une blessure au genou sur la phase de squat : «J’étais bien entré dans la compétition, mais cette blessure m’oblige à faire une pause. L’objectif reste intact : revenir plus fort, défendre mon titre africain et viser le record mondial.»
UNE SAISON LANCÉE, DES OBJECTIFS CLAIRS
Entre records à aller chercher, barres à dompter et corps à préserver, la saison 2026 de la FECAPEDA est désormais lancée. Ce premier rendez-vous a permis d’établir une cartographie précise des niveaux, d’identifier les axes de progression et de fixer les standards de performance.
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À l’approche des compétitions continentales, une certitude se dégage : les athlètes camerounais sont prêts à entrer dans une nouvelle dimension. Mais dans un sport où la moindre erreur technique peut coûter une barre, la route vers les sommets exigera rigueur, discipline et résilience. À Yaoundé comme ailleurs, une bataille de titans se prépare. Et sur le plateau, une seule loi prévaudra : celle de la charge et du mental.
WILFRIED NGOMSEU







