Dans l’arène feutrée mais hautement compétitive de Bona’Anja Siga Bonjo, le tempo n’était pas seulement dicté par les tirages de lettres et les calculs stratégiques du Super Masters de scrabble. Ce samedi 14 mars 2026, c’est une véritable icône du sport camerounais qui a fait son entrée sur le “terrain”, apportant avec lui l’intensité, l’expérience du haut niveau et une lecture tactique forgée dans les plus grandes compétitions internationales : Geremi Sorelle Njitap.
Au cœur du dispositif organisationnel mis en place par la Fédération Camerounaise de Scrabble, la présence du président du Syndicat National des Footballeurs Camerounais a eu l’effet d’un renfort d’expérience dans un collectif déjà bien en place. Double champion d’Afrique et médaillé d’or aux Jeux olympiques de Sydney 2000, l’ancien Lion Indomptable n’est pas venu en simple spectateur, mais en véritable leader de vestiaire, déterminé à galvaniser les jeunes talents engagés dans le championnat national scolaire organisé en marge de la compétition.

Face à la presse, Njitap a livré une analyse digne d’un consultant sportif chevronné, saluant la qualité de l’organisation, l’ouverture internationale du tournoi et surtout la capacité des dirigeants à réunir les conditions optimales de performance. Dans un langage proche de celui des grandes compétitions, il a mis en lumière l’importance de l’environnement, du management et de l’investissement dans la réussite d’un événement de cette envergure, tout en adressant un soutien appuyé au président fédéral, Amédée Assomo.
Mais au-delà du discours institutionnel, c’est sur le plan individuel que l’ancien latéral droit a surpris, révélant une reconversion progressive dans un autre type de compétition : le scrabble. Avec près de trois années de pratique, Njitap évoque une progression constante, comparable à une montée en puissance physique au fil d’une saison. Lecture du jeu, anticipation, gestion du tempo : des automatismes hérités du football qu’il transpose désormais sur le plateau, au point de commencer à inquiéter certains adversaires aguerris.
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Le moment fort de cette séquence restera sans doute son passage devant les élèves engagés dans le championnat scolaire. Dans une posture de coach expérimenté, il a délivré un véritable briefing mental, insistant sur la discipline, la répétition des efforts et la culture de la performance. Pour lui, le scrabble, à l’instar du football de haut niveau, repose sur une préparation rigoureuse et une capacité à enchaîner les bonnes décisions sous pression.
En référence au champion King Josaphat Nkouete Chewa, il a fixé un cap clair aux jeunes compétiteurs : viser l’élite à travers le travail, la lecture et l’engagement total. Un message qui sonne comme une consigne tactique avant une finale, où chaque détail compte.
Après cette causerie aux allures de discours d’avant-match, le président du SYNAFOC a poursuivi son immersion au plus près de l’action, observant les confrontations avec l’œil d’un technicien, analysant les placements et les choix stratégiques des joueurs. Fidèle à son ADN de compétiteur, il n’a pas quitté l’enceinte sans assister aux phases finales du Super Masters, preuve que, du rectangle vert au plateau de scrabble, l’exigence de performance reste la même.
À Bona’Anja Siga Bonjo, le match s’est joué sur plusieurs tableaux le 14 Mars 2026. Et avec Njitap dans les tribunes comme sur le banc, c’est toute une génération qui a reçu une véritable leçon de haut niveau.
WILFRIED NGOMSEU







