Dans une vidéo coup de poing, la créatrice de contenus Nikita Nike dénonce les blocages du cinéma camerounais. Clans, copinage, manque de financement : la mère des « Mosos » dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Le ton est monté. Il y a quelques heures, Nikita Nike a sorti la sulfateuse sur TikTok. Face caméra, la créatrice de contenus tire à balles réelles sur le cinéma camerounais. «Il faut arrêter vos affaires de clans», balance-t-elle d’entrée. Pour elle, le milieu est verrouillé par des cercles fermés. Résultat : des actrices au placard, des talents qui étouffent. Le 7ème art 237 tourne en rond.

Une industrie déjà fracturée
Les castings ? Une histoire d’affect, pas de niveau. « Ici au Cameroun, on n’utilise que les émotions et les relations », regrette-t-elle. Son appel : plus de professionnalisme.
Elle lance également un message direct aux producteurs et réalisateurs : «Même si tu ne parles pas avec quelqu’un, si tu vois une actrice dans un projet, appelle-la». Pour dire comme : l’ego tue le métier.
Sacrée Meilleure Créatrice de contenus aux SGBC AWARDS, la mère des «Mosos» vide son sac. «Avec tout le talent que j’ai, je n’arrive pas à tourner», lâche-t-elle. Elle n’est pas seule. Selon elle, plusieurs actrices vivent le même blocage, en silence. Ce qui conduit à ce que des artistes compétents restent dans la précarité. Le talent ne paie plus. Le carnet d’adresses, si.
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Elle ne mâche pas ses mots. Elle dénonce la consanguinité des castings. «On voit les mêmes gens dans tous les projets», tacle-t-elle. Où est la place pour la diversité, pour le sang neuf ?
Mais Nikita Nike ne fait pas que critiquer. Elle propose : l’État doit investir. «Appelez le ministre des finances, qu’il donne des financements afin qu’on investisse dans le cinéma». Objectif : structurer la filière, créer des opportunités, sortir les pros de la débrouille.
Une sortie franche qui risque de faire des vagues. Nikita Nike a brisé l’omerta. Dans un milieu où beaucoup se taisent par peur d’être blacklistés, elle pose les vrais problèmes sur la table : clans, copinage, manque de cash. Reste à savoir si le message sera entendu. Ou si, comme elle le craint, le cinéma camerounais continuera de tourner en vase clos, avec les mêmes têtes et les mêmes blocages.
Japhet Mbakop Tchagha






