Pour son baptême du feu en Coupe du monde, le Cap-Vert a réussi une performance de choix en accrochant l’Espagne.
Opposés à l’un des favoris de la compétition, les Requins Bleus ont fait preuve de solidité et de discipline pour obtenir un nul précieux (0-0).
Une domination espagnole sans récompense
Sur le papier, le duel promettait peu de suspense. Et pourtant. La Roja a rapidement pris possession du ballon près de 75 % sur l’ensemble de la rencontre installant son siège habituel dans le camp adverse, rythmé par les touches de Pedri, Rodri et Fabián Ruiz. Les séquences de possession s’enchaînèrent, longues et méthodiques, mais rarement tranchantes.

Car derrière cette domination statistique se cachait une réalité plus cruelle, l’Espagne n’a jamais su forcer le verrou cap-verdien. Le bloc bas adverse, regroupé autour de sa surface avec une discipline quasi militaire, a étouffé dans l’œuf la profondeur et la spontanéité qui font ordinairement la force du jeu espagnol. L’entrée de Lamine Yamal en seconde période n’a pas suffi à changer la donne, la rencontre s’enlisant dans la frustration et la stérilité offensive.
Vozinha, rempart d’une nation
Si le Cap-Vert a tenu, c’est aussi et surtout grâce à son gardien. Vozinha, pensionnaire de deuxième division portugaise au FC Chaves, a livré une prestation magistrale qui lui a valu le titre d’homme du match. À la 39e minute, il repoussait une tête de Ferran Torres, sauvant son équipe à un moment où l’Espagne poussait. Dès la reprise, il repartait au combat face à Laporte (48e), affichant une autorité dans les airs comme sur sa ligne qui rassura toute sa défense dans les temps forts ibériques. Un gardien de D2, face aux meilleurs milieux du monde. C’est aussi ça, la magie du football.
Lire aussi : Cameroun vs Cap-Vert : un saut dans le passé
Le Cap-Vert aurait même pu signer le coup parfait en toute fin de rencontre, lorsque Diney Borges, à la 90e+1, manqua de la tête l’occasion de conclure l’exploit en victoire. Mais qu’importe. Ce point inaugural est déjà historique pour les Requins Bleus, symbole d’une solidité collective et d’un esprit de résistance qui auront marqué ce début de Mondial.
Dans l’autre affiche du groupe H disputée dans la nuit, l’Arabie saoudite affronte l’Uruguay. La suite s’annonce tout aussi intense car, l’Espagne devra se reprendre face aux Saoudiens lors de la deuxième journée, tandis que le Cap-Vert retrouvera l’Uruguay pour un nouveau test de haute intensité. Les Requins Bleus ont montré qu’ils avaient les crocs.
Ronel Tedeffo






