À 14 ans, Kaleb, alias Kalu Putik, fait le buzz mondial depuis Addis-Abeba. Sans école de mode ni atelier, l’Éthiopien crée des tenues entières avec des objets qu’on jette : sacs de riz, pneus, canettes, ferraille. Résultat : 6,1 millions d’abonnés sur Instagram et un statut de symbole de la mode durable made in Africa.
Son format est simple et reconnaissable. Dans chaque vidéo, on le voit de pied en cap devant un mur de briques, souvent en short, tongs et débardeur, en train d’assembler une tenue. Il publie sous le nom « Kalu Putik » sur TikTok et Instagram, et a même dessiné son logo KP qu’il brode en cauris sur ses pièces.

Ce qui accroche, c’est sa matière première : tissus usés, sacs de riz, pneus récupérés, canettes écrasées, fils électriques, vieux vêtements. Il prend ce que tout le monde considère comme déchet et en sort des looks qui n’auraient pas détonné sur un podium expérimental.
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Le public adhère parce que l’initiative répond à un problème concret. La fast fashion pèse lourd sur la planète : une étude de Science Advances en 2024 estimait à 92 millions de tonnes les déchets textiles produits chaque année dans le monde, dont 73 % finissent en décharge ou incinérés. Face à ça, le travail de Kalu tranche. Pas de luxe silencieux, pas de campagnes ultra-lissées à l’IA, juste un concept brut et honnête.

Le déclic date de décembre 2025, avec sa première vidéo TikTok. Depuis, il a dépassé 1,6 million d’abonnés sur TikTok et 6 millions sur Instagram. Les commentaires le portent : «C’est génial, continue comme ça mec ! », «Ce n’est pas lui qui a besoin de la mode, c’est la mode qui a besoin de lui», «Les tapis rouges l’attendent». Des comptes fans ont même vu le jour, imaginant Kalu sur les podiums de la Fashion Week ou au Met Gala.
L’effet dépasse les réseaux. Jaden Smith a relayé une de ses créations en story Instagram, ancrant son influence à l’échelle internationale. Pourtant, Kalu garde le mystère. Aucune interview, aucune vidéo où il parle de ses inspirations. On connaît juste son prénom Kaleb, son âge, sa ville, et un sens du style qui semble inné.
Sans moyens ni formation, Kalu Putik prouve qu’avec de la créativité et des déchets, on peut bousculer l’industrie de la mode. Son silence médiatique alimente le mythe, mais son message passe : la nouvelle génération africaine n’attend pas, elle crée avec ce qu’elle a.
Japhet Mbakop Tchagha






