Dans les grandes compétitions, certaines victoires valent davantage que trois points. A Santa Clara, l’Algérie a battu la Jordanie (2-1) et s’est offert bien plus qu’un simple succès. Après la lourde défaite subie face à l’Argentine lors de son entrée en lice, les Fennecs avaient besoin d’une réaction. Ils l’ont trouvée au moment où leur Coupe du monde commençait déjà à vaciller.
Car les grandes équipes ne sont pas seulement jugées sur leurs succès. Elles le sont aussi sur leur capacité à répondre lorsque le doute s’installe.
Face à la Jordanie, l’Algérie n’avait plus vraiment le choix.
Une domination longtemps stérile
Le revers contre l’Argentine avait laissé des traces. Battus 3-0 par les champions du monde, les hommes de Vladimir Petkovic abordaient cette rencontre avec l’obligation de gagner pour rester dans la course aux huitièmes de finale. Pourtant, le scénario a failli tourner au cauchemar.

Malgré une nette domination dans le jeu, les Fennecs ont rejoint les vestiaires menés au score après l’ouverture de Nizar Al-Rashdan à la 36e minute. Un coup dur pour une équipe qui contrôlait pourtant largement les débats.
Les chiffres racontent d’ailleurs une rencontre à sens unique. L’Algérie a terminé le match avec 72 % de possession de balle contre 28 % pour la Jordanie, 17 tirs contre 8, 8 tirs cadrés contre 4 et surtout 640 passes réussies contre seulement 250 pour son adversaire. Les Fennecs ont également obtenu dix corners, preuve de leur présence constante dans le camp jordanien.
Pendant une heure, cependant, cette domination est restée stérile. Les Jordaniens ont défendu avec discipline et ont longtemps donné l’impression de pouvoir réaliser le coup parfait, subir puis frapper au moment opportun.
Mais l’Algérie n’a jamais cessé de pousser.
Une victoire qui peut tout changer
Le tournant est venu des changements opérés par Vladimir Petkovic.
Entré en cours de jeu, Nadhir Benbouali a remis les deux équipes à égalité à la 69e minute. Puis, treize minutes plus tard, Amine Gouiri a conclu la remontée algérienne en profitant d’un ballon mal repoussé dans la surface jordanienne. Les deux buts sont d’ailleurs intervenus sur des phases arrêtées, un secteur qui s’est révélé décisif dans cette rencontre.
La réaction algérienne n’a rien eu d’un exploit isolé. En seconde période, les Fennecs ont complètement étouffé leur adversaire. Ils ont enregistré 14 tirs contre seulement 2 pour la Jordanie après la pause, illustrant une emprise croissante sur le match à mesure que les minutes s’écoulaient. Cette victoire change considérablement la perspective du groupe J.
Avec trois points, l’Algérie retrouve une position qu’elle semblait avoir perdue après sa défaite inaugurale. Plus encore, elle retrouve de la confiance. Celle d’une équipe qui a su réagir sous pression, renverser une situation défavorable et imposer sa supériorité lorsque l’enjeu devenait maximal.
Tout se jouera désormais lors de la dernière journée face à l’Autriche.
Rien n’est encore acquis, mais les Fennecs abordent ce rendez-vous décisif avec un avantage psychologique évident. Là où ils semblaient fragilisés il y a quelques jours, ils avancent désormais avec la conviction qu’ils peuvent encore prolonger leur aventure mondiale.
Pendant que le Sénégal se retrouve sous pression après sa défaite contre la Norvège, l’Algérie a réussi à transformer l’urgence en opportunité. Dans une Coupe du monde où les dynamiques comptent parfois autant que les résultats, cette remontée pourrait bien constituer un tournant.
Ronel Tedeffo






