L’élimination prématurée du Sénégal e lors de la Coupe du monde 2026 cache des dysfonctionnements internes profonds. Dans une récente intervention sur la chaîne Colinterview, le journaliste d’investigation Romain Molina a levé le voile sur les coulisses chaotiques des selections africaines ( Senegal et tunisie ) . Entre amateurisme logistique, modifications de listes et fractures de vestiaire, plongée au cœur d’un naufrage organisationnel.
La vie de château pour les dirigeants, l’amateurisme pour les joueurs
Le premier grand paradoxe pointé du doigt par Romain Molina réside dans le contraste saisissant entre le traitement réservé aux officiels et les conditions de préparation des athlètes au cours de ce Mondial américain. Alors que les joueurs sont censés être placés dans des conditions de performance optimales, la réalité du terrain a été tout autre.

Selon le journaliste, les joueurs ont dû observer, impuissants, les membres de leurs fédérations respectives mener «la très grande vie» à l’hôtel, rythmée par des soirées festives et des distributions de cadeaux aux proches. C’est notamment le cas de la Tunisie et du Sénégal, arrivés sur le sol américain avec des délégations pléthoriques où les membres des familles des dirigeants occupaient une place disproportionnée.
Le scandale logistique a atteint son paroxysme lorsque, face au laisser-aller général de l’encadrement, les joueurs ont été parfois livrés à eux-mêmes et contraints de se nourrir de petite restauration rapide pendant une semaine entière, faute de mieux.
Un staff technique bridé au profit des proches des dirigeants
Cette omniprésence des entourages a directement impacté le travail des staffs techniques. Romain Molina rapporte la plainte amère d’un membre de staff, indigné de voir la fédération refuser le budget pour l’intégration d’un chef cuisinier et d’un analyste vidéo supplémentaire — deux profils pourtant cruciaux pour une phase finale de Coupe du monde —, tout en finançant le voyage et le séjour de dizaines de proches des dirigeants.
Plus grave encore pour la sérénité sportive, la bulle de l’équipe a complètement volé en éclats durant la compétition. Les séances d’entraînement, initialement prévues à huis clos pour travailler la tactique à l’abri des regards, ont été littéralement envahies par des créateurs de contenus et des influenceurs invités par les instances, transformant des moments de concentration en foire médiatique.
Des listes modifiées en coulisses et la légitimité du coach fragilisée
Sur le plan purement sportif, les révélations de Molina ébranlent la légitimité même des choix techniques. Le journaliste affirme que la liste initiale des joueurs retenus pour le Mondial n’est pas celle qui a finalement été transmise à la FIFA.
Des arbitrages de dernière minute, dictés par des pressions en coulisses, auraient totalement bouleversé la hiérarchie établie, suite à l’intégration des joueurs compétitifs et attendus comme Moustapha Name ou Cherif Ndiaye. Ces interférences administratives ont lourdement fragilisé la légitimité et l’autorité du sélectionneur face à son groupe, installant un climat de suspicion sur l’équité des choix sportifs.
Une guerre des générations sous haute tension
Pour couronner ce tableau sombre, l’ambiance interne des vestiaires a grandement souffert de ce contexte délétère. Molina évoque une fracture générationnelle profonde qui a commencé à alourdir durablement l’atmosphère au sein du groupe, opposant le clan des « anciens », figures historiques de l’équipe, à celui des «jeunes».
Loin d’être une simple élimination sportive, ce premier bilan du Mondial 2026 met en lumière le fossé qui sépare encore le talent des joueurs africains de la gestion administrative de leurs instances. L’heure des comptes a sonné !







