Le patrimoine camerounais s’invite au Japon. Depuis le 26 septembre 2026, le musée de l’université Teikyo, à Hachioji, accueille une exposition consacrée au royaume Bakoko-Wouri et à son souverain, S. M. Erick Jamil Madiba Songue. Intitulée « Les Rois d’Afrique : à la découverte de l’Afrique à travers le peuple Bakoko », cette initiative met en lumière l’histoire, les traditions et les expressions culturelles de cette communauté camerounaise.
Un roi et un patrimoine au-delà des frontières
À travers cette exposition, l’université Teikyo propose au public japonais une immersion dans l’univers du royaume Bakoko-Wouri. Photographies, vidéos et objets patrimoniaux permettent de découvrir son histoire, ses pratiques culturelles et le quotidien de ses populations.

Parmi les éléments présentés figurent des textiles traditionnels symboliques du royaume, ainsi que des objets personnels du souverain, notamment un chapeau, un chasse-mouches rituel et un collier. Une vidéo spéciale de S.M. Jamil Madiba Songue vient également enrichir cette présentation.
Cette mise à l’honneur s’inscrit dans une coopération culturelle entre le royaume Bakoko-Wouri et l’institution universitaire japonaise, portée par le laboratoire du professeur Takaaki Yoshioka, de la faculté d’économie. Le projet est né d’un échange initié par une lettre, qui a progressivement donné naissance à cette exposition.
L’exposition ouvre aussi une section conçue par les étudiants. Intitulée « Le café qui relie le Japon et l’Afrique », elle présente leurs recherches sur les régions productrices de café du continent et sur les échanges internationaux autour de cette boisson, avec le soutien de l’entreprise japonaise Key Coffee.
La culture Bakoko au cœur des échanges internationaux
Au-delà de la présentation d’un royaume traditionnel, l’initiative entend favoriser une meilleure connaissance des cultures africaines au Japon. Elle offre aux visiteurs l’occasion de découvrir un patrimoine vivant et de mieux comprendre les communautés qui contribuent à la diversité culturelle du Cameroun.

Pour S.M. Jamil Madiba Songue, cette visibilité internationale s’inscrit dans une dynamique de valorisation de l’héritage Bakoko et, plus largement, de la culture Sawa. Le souverain a notamment souligné l’importance de la transmission culturelle et de la reconnaissance des patrimoines africains au-delà de leurs territoires d’origine.
Derrière cette exposition, il y a un homme
Sa Majesté Erick Jamil Madiba Songue est devenu en février 2023, à 38 ans, chef supérieur de premier degré du canton Bakoko du Wouri, à Douala. Il a succédé à son père, Sa Majesté Salomon Madiba Songue. Il est aujourd’hui le plus jeune des chefs supérieurs du Ngondo, l’assemblée traditionnelle du peuple Sawa. Diplômé des universités de Westminster et d’East London en Angleterre, il a travaillé à Londres et à Paris avant de revenir au Cameroun. Ce parcours éclaire le projet : un monarque formé à l’international, à la tête d’une chefferie inscrite au cœur de la capitale économique du Cameroun, porte une vision où la tradition Bakoko et Sawa dialogue sans complexe avec le monde.
Prévue jusqu’au 25 octobre 2026, l’exposition est accessible gratuitement au musée de l’université Teikyo. Elle constitue un espace de rencontre entre le Cameroun et le Japon, où le patrimoine traditionnel devient un vecteur de dialogue et de compréhension interculturelle.
Avec cette initiative, le royaume Bakoko-Wouri fait découvrir une partie de son histoire et de son identité au public japonais, rappelant que la transmission des cultures constitue aussi un moyen de construire des liens entre les peuples.
Manu NKAMA







