La course à la présidence de la Fecafoot est entrée dans une zone de fortes turbulences. Au cœur du séisme : la requête explosive de Guibaï Gatama, qui exige l’invalidation de la candidature de Samuel Eto’o.
L’ancien journaliste, devenu membre du Comité exécutif, avance une ligne de défense qu’il juge « claire, juste et juridiquement imparable ». Son argument pivot : la condamnation pénale prononcée en 2022 par un tribunal de Barcelone à l’encontre du président sortant, reconnu coupable de fraude fiscale pour un montant supérieur à 3,8 millions d’euros et condamné à 22 mois de prison une peine non exécutée mais bel et bien inscrite au casier.
Or, selon l’article 36 des anciens statuts de la Fecafoot, toute peine privative de liberté ferme constituait un motif automatique d’inéligibilité. Un point de droit qui, pour Guibaï Gatama, balaie toute lecture alternative et renvoie directement la candidature d’Eto’o à la zone rouge.

Mais la crise ne se limite pas à ce contentieux. Dans les coulisses du football camerounais, nombre d’acteurs dénoncent depuis deux ans un processus chaotique de révision des statuts : textes amendés sans respecter la procédure, validation non conforme, articles remodelés sans consensus. Une situation qui, selon plusieurs observateurs, crée un environnement juridique « inflammable », susceptible d’influencer ou neutraliser certaines candidatures.
Face à ce climat de défiance généralisée et au risque de scrutin contesté avant même d’avoir débuté, le ministre des Sports a dégainé le carton jaune : suspension immédiate du processus électoral. Objectif affiché : vérifier la légalité, la conformité et la validité des statuts adoptés sous l’ère Eto’o avant de relancer toute opération électorale.
Le football camerounais se retrouve ainsi dans un véritable bras de fer institutionnel, où enjeux juridiques, pouvoir fédéral et ambitions personnelles s’entrechoquent. Une crise à haute intensité, dont l’issue pourrait redessiner durablement l’architecture du football national.
WILFRIED NGOMSEU






