Dans le splendide cadre du Teatro Umberto Giordano, le public du festival Giordano in Jazz a vécu une soirée mémorable le 6 février 2026, lorsque Richard Bona, le légendaire bassiste et chanteur camerounais, a pris possession de la scène pour une performance qui restera gravée dans les mémoires.
Sous les regards émerveillés, Bona a offert un concert intense, mêlant jazz, world music, afropop et rythmes inspirés par ses racines africaines. Fidèle à sa réputation d’artiste « complet », il a entraîné le public dans un voyage musical où chaque note vibrait d’authenticité et d’émotion.

Cet événement faisait partie d’une tournée européenne étendue qui le voit se produire non seulement en Italie (à Foggia puis à Vérone), mais aussi en Allemagne, en Suisse, en France et au-delà, portant son art devant des publics variés et enthousiastes.
Qui est Richard Bona ? Le génie derrière la basse
Né en 1967 à Minta, au Cameroun, Richard Bona a fait de la musique sa langue universelle. Fils d’une famille de musiciens, il débute très jeune avec le balafon, avant de jouer dans l’église de son village.Très vite, il se fabrique ses propres instruments, notamment une guitare conçue à partir de câbles de frein et de caisses de bois, preuve d’une créativité déjà débordante.
Son talent le propulse d’abord à Douala, puis à Paris, avant de poser ses valises à New York en 1995, où il se fait rapidement remarquer. Au fil des années, il collabore avec les plus grands noms du jazz et de la world music, de Herbie Hancock à Bobby McFerrin, en passant par Stevie Wonder et Pat Metheny. Aujourd’hui, Richard Bona est bien plus qu’un bassiste virtuose : il est un conteur des temps modernes, capable de faire sourire, réfléchir et danser, parfois tout cela à la fois.
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Au fil des années, Richard Bona a livré une œuvre prolifique, aux albums qui résonnent comme des chapitres d’un grand récit musical : Scenes from My Life (1999), premier manifeste musical ; Reverence (2001), fusion subtile entre world music et jazz ; Munia: The Tale (2003), conte aux accents planétaires ; Toto Bona Lokua (2004), collaboration emblématique avec Gérald Toto et Lokua Kanza ; Tiki (2005), afro-fusion hypnotique ; The Ten Shades of Blues (2009), traversée blues-jazz ; Bonafied (2013), groove universel ; et Heritage (2016), héritage culturel et musical. Chaque album illustre sa capacité à mêler tradition et modernité pour un son qui défie toutes les catégories.
Un légendaire reconnu mondialement
Son talent n’a pas attendu pour être reconnu. Richard Bona a reçu de nombreux prix et distinctions, parmi lesquels un Grammy Award pour Best Contemporary Jazz Album avec Speaking of Now, des nominations aux Grammy pour Tiki et As It Is, le Grand Prix Jazz SACEM en 2012, l’Antonio Carlos Jobim Award au Montreal International Jazz Festival en 2010, ainsi que des albums certifiés or dans plusieurs pays européens. Et la liste est loin d’être exhaustive. Chaque collaboration, chaque concert et chaque album témoigne de sa capacité à rassembler les cultures et à toucher les cœurs.
La soirée au Giordano in Jazz n’a pas seulement été un concert : c’était une célébration du dialogue entre cultures, une rencontre entre l’Afrique et l’Europe à travers la musique. Richard Bona, avec sa basse en bandoulière et sa voix expressive, a une fois encore prouvé qu’il n’est pas seulement un musicien de jazz, mais un pont vivant entre les mondes.
Japhet Mbakop Tchagha







