Depuis plusieurs jours, l’affaire fait grand bruit dans la communauté chrétienne évangélique francophone. Le pasteur et chantre ivoirien Axel Lévi, membre de la Mission Faiseur de Disciples (MFD), a reconnu publiquement avoir entretenu des relations sexuelles consenties avec plusieurs femmes, dont certaines appartenant à son Église. Une déclaration qui intervient après plusieurs jours de controverses sur les réseaux sociaux et la décision de la direction de la MFD de le destituer, ainsi que son épouse Laurine Lévi, de leurs fonctions ministérielles.
Une célébration interrompue, puis une affaire qui prend de l’ampleur
Tout commence à la fin du mois de septembre 2026. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une interruption d’un culte par des hommes venus demander des explications au pasteur. Selon plusieurs médias, ces personnes se présenteraient comme les époux de femmes avec lesquelles Axel Lévi aurait entretenu des relations intimes. La scène, largement relayée en ligne, a contribué à donner une visibilité importante à l’affaire.

Les publications qui ont suivi ont multiplié les accusations, certaines portant sur de supposés abus de pouvoir ou des violences conjugales.
Face à l’ampleur de la polémique, la direction des Églises MFD a annoncé, le 27 septembre 2026, la destitution d’Axel Lévi et de son épouse de l’ensemble de leurs fonctions ministérielles. Le communiqué évoque des « faits très graves », sans détailler précisément les griefs retenus.
Dans son communiqué, l’organisation affirme ne cautionner ni minimiser aucun comportement portant atteinte à l’intégrité, à la dignité ou à la sécurité des personnes, quel que soit le statut du responsable concerné. Elle annonce également la désignation de nouveaux pasteurs pour assurer la direction des assemblées.
Axel Lévi sort du silence : ce qu’il reconnaît et ce qu’il conteste
Le 28 septembre, selon les informations publiées par plusieurs médias, Axel Lévi a pris la parole dans une lettre ouverte diffusée sur les réseaux sociaux. Il y reconnaît des « fautes graves » et admet avoir commis ce qu’il qualifie lui-même de « péché d’adultère ».
Le pasteur affirme avoir entretenu des relations sexuelles consenties avec certaines femmes de son Église, mais aussi avec des femmes extérieures à sa communauté. Il présente ses excuses à son épouse, à sa famille, aux fidèles et aux personnes qui se disent blessées ou déçues par ses actes. Il affirme assumer ses responsabilités et regretter les conséquences de ses choix.

En revanche, Axel Lévi conteste les accusations d’agression, de viol ou de contrainte qui circulent sur Internet. Il annonce également son intention d’engager des démarches judiciaires contre les propos qu’il estime diffamatoires et les actes de cyberharcèlement. Il a par ailleurs tenu à écarter le pasteur Jonathan Gambela de l’affaire, affirmant que celui-ci n’était pas impliqué dans les faits qu’il reconnaît.
Sur les réseaux sociaux, entre indignation, déception et soutien
L’affaire a rapidement dépassé le cadre interne de l’Église. Sur les réseaux sociaux, les réactions rapportées par les médias font apparaître plusieurs préoccupations.
D’un côté, des internautes expriment leur déception face au comportement reconnu par un responsable religieux auquel des fidèles accordaient leur confiance. D’autres manifestent leur soutien aux membres de la communauté et aux personnes qui se présentent comme victimes de comportements répréhensibles.
Des témoignages d’anciens membres ont également été relayés. Une ancienne responsable de la communication de MFD, citée par InfoChrétienne, affirme avoir eu connaissance de certains faits et regrette de ne pas les avoir dénoncés plus tôt. Elle évoque notamment des problèmes de loyauté et de manipulation au sein de l’organisation.
Une autre partie des réactions porte sur la distinction entre la personne du pasteur et l’institution religieuse. Certains fidèles peuvent être profondément affectés par les révélations, tandis que d’autres cherchent à préserver leur foi et leur engagement malgré la crise qui touche leurs responsables.
Au-delà de l’adultère, une question de confiance et de responsabilité
Plus largement, cette affaire remet au centre du débat des questions qui concernent les Églises au-delà de la seule MFD : quelles limites imposer à l’autorité pastorale ? Comment garantir que les responsables rendent compte de leurs actes ? Comment traiter une accusation avec sérieux tout en respectant les droits des personnes concernées ?
L’un des éléments qui donne à cette affaire un écho particulier est le statut d’Axel Lévi. En tant que pasteur et chantre, il occupe une position qui associe enseignement religieux, accompagnement spirituel et exemplarité attendue par une partie des fidèles.
La reconnaissance de relations extraconjugales entre ainsi en tension avec les attentes placées dans sa fonction. Pour les membres de la communauté, la question ne porte pas uniquement sur la fidélité conjugale : elle concerne aussi la cohérence entre les enseignements délivrés publiquement et les actes du responsable qui les porte.
C’est désormais sur le terrain de la transparence, de la responsabilité et du respect des personnes concernées que se jouera une partie de la confiance à reconstruire.
Pour l’heure, de nombreux témoignages continuent d’être partagés ainsi que des avis et des sanctions.
Manu NKAMA







