Le Cameroun est représenté au cœur de la scène artistique contemporaine sénégalaise par l’artiste plasticienne et textile Stéphanie Nyangono qui participera à l’exposition collective « Dalal sa Xël », organisée à la Maison d’Afrique, à Saly.
En wolof, « Dalal sa Xël » signifie « Apaise ton esprit ». Un titre qui donne le ton de cette exposition consacrée à une question aussi intime qu’universelle : la santé mentale. Pour cette rencontre artistique, trois artistes textiles africains venus du Cameroun, d’Éthiopie et du Sénégal confrontent leurs regards et leurs pratiques autour des émotions, de l’identité, de la mémoire et des tensions de la vie contemporaine.

Parmi eux, Stéphanie Nyangono, jeune artiste camerounaise née en 2000 et vivant à Yaoundé. Dans son travail, elle développe une pratique artistique où le textile devient un véritable langage. Formée à l’Institut de formation artistique de Mbalmayo, puis passée par l’université de Douala et l’université de Yaoundé I en arts plastiques et histoire de l’art, son utilisation de symboles universels, comme les smileys visibles sur ses œuvres et sa biographie Instagram, vise à traduire ce que beaucoup cherchent à dissimuler, de manière subtile mais puissante de sensibiliser à des réalités souvent ignorées.
«Son travail associe collage, couture, tissage et peinture dans des compositions où corps féminins et masculins apparaissent figés dans des postures inspirées de l’imagerie contemporaine. Derrière l’esthétique colorée et séduisante, elle révèle la fragilité, les tensions intérieures et les douleurs silencieuses. Sa pratique explore la coexistence de la beauté et de la vulnérabilité, invitant le spectateur à accepter ses propres zones d’ombre.» est écrit sous la présentation de l’artiste sur la page officielle de l’exposition.
Quand le textile raconte ce que les mots taisent
Ses personnages, souvent représentés dans des compositions colorées, semblent porter des questionnements et des tensions intérieures que l’on ne perçoit pas toujours au premier regard.
L’exposition présente notamment son œuvre Question existentielle, réalisée en laine sur toile. Le visage marqué d’un point d’interrogation devient ici une représentation des doutes et des incertitudes qui traversent l’individu.
Une autre œuvre de l’artiste, réalisée également en laine sur toile, met en scène une silhouette entourée de multiples émotions symbolisées par des émoticônes. À travers cette composition, Stéphanie Nyangono explore la pression émotionnelle et la coexistence de sentiments parfois contradictoires.

Elle incarne une nouvelle génération d’artistes africains qui osent briser les codes. Entre vulnérabilité assumée et créativité audacieuse, elle transforme ses failles en force. Son histoire rappelle que l’art, au-delà de l’esthétique, peut être un puissant outil de guérison et d’affirmation de soi.
Une rencontre artistique africaine
Avec Kirubel Melke, artiste éthiopien, et Kha Bamba, artiste sénégalais, Stéphanie Nyangono participe à un dialogue artistique qui dépasse les frontières nationales.
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Leurs approches diffèrent, mais le textile devient pour les trois artistes un moyen d’interroger l’humain. Découper, coudre, assembler, superposer : ces gestes de création prennent une dimension symbolique et évoquent aussi les différentes façons dont chacun tente de recomposer son monde intérieur.
Présentée à la Maison d’Afrique de Saly, l’exposition Dalal sa Xël s’inscrit dans la programmation culturelle de Nooraan, la Saison sèche du Partcours. Exposition ouverte jusqu’au 30 septembre 2026.
Manu NKAMA







