Il y a encore quelques mois, son nom ne disait rien à personne. En l’espace de quelques semaines, Babal est devenu le nom qui revient partout au Cameroun. Avec son EP B.A.B.A.L.png, il truste le sommet d’Apple Music Cameroun, place 5 titres dans le Top 10 national et relègue derrière lui des têtes d’affiche comme Fally Ipupa, Burna boy, Asake ou Himra. Mais qui est-il réellement, d’où vient t’il ? La rédaction de SCN a mené l’enquête.
Tout est parti début juillet 2026. La sortie de TROBU.png change la donne, en quelques jours, le titre s’installe à la première place du classement Apple Music Cameroun. Et il n’est pas seul ; Syndrome du « sauveur.rare », CTRL + http://Z.ppt, INTRO, Projet B.A.B.A.L : au total, 5 morceaux de son EP occupent simultanément le Top 10 du pays. Une performance que peu d’artistes camerounais avaient réalisée jusqu’ici sur la plateforme américaine.

Le phénomène ne s’arrête pas au streaming. Sur Shazam et Spotify, les courbes de Babal grimpent aussi. Son univers plaît à un public jeune, urbain, connecté.
Du digital à la scène : la machine se met en marche
Le buzz dépasse désormais les plateformes. Ces dernières semaines, des figures des réseaux sociaux camerounais comme Coco Emilia, Rosine Ngeumgaing, Céleste Victorien et bien d’autres ont utilisé ses sons, donnant une caisse de résonance énorme à l’EP.
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Conséquence directe : les invitations s’enchaînent. La chanteuse Mimie a annoncé la présence de Babal à son grand concert du 25 juillet 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, avant cela le 01 Août, il sera avec DOPELYM à Esplanade de l’Hôtel de Ville de la capitale politique. Babal sort donc du téléphone pour aller à la rencontre du public.
Une signature .png qui intrigue
Ce qui marque avec Babal, c’est d’abord l’identité. Des titres nommés comme des fichiers : .png, .rar, .ppt. Une direction artistique geek, assumée, qui tranche avec les codes habituels. Musicalement, on est sur des prods très léchées, mélodies entêtantes, voix souvent trafiquée, effets robotiques. Des sonorités qui rappellent à certains Stromae ou Yamé : de la mélancolie qui donne envie de danser.
Cette précision technique a nourri une rumeur : et si l’IA était derrière ?
IA ou humain ? Le vrai débat qui s’ouvre
La question revient dans les commentaires : comment avoir un rendu aussi « parfait » ? L’intelligence artificielle générative est capable aujourd’hui de créer à partir de milliards de données musicales. Sauf que Babal, lui, est bien réel. On l’a vu en juin 2026 sur la scène du concert des Berry Boys Club à Douala, en cagoule blanche. Le producteur Nasir Kelyan confirme avoir travaillé avec lui bien avant la sortie de cet EP.
Mais le succès de Babal pose un vrai sujet pour l’industrie. Au Cameroun comme ailleurs :
Comment détecter la part d’IA dans une chanson quand les plateformes se basent encore sur la déclaration des artistes ? Comment rémunérer les créateurs dont les œuvres servent à entraîner ces IA, comme le réclame déjà la Sacem en France ?
Les lois sur le droit d’auteur, bâties sur la notion d’originalité humaine, vont-elles tenir le choc ? Autant de questions qui n’ont pas encore de réponse. Et qu’un simple « prompt » ne suffira pas à régler.
Avec sa musique, Babal vient de démontrer une chose : en 2026, un artiste camerounais peut atteindre le sommet sans passer par les circuits classiques. Il lui suffit d’un bon projet, d’internet et d’une communauté.
Le défi est désormais de durer. Mais pour ce mois de juillet, le constat est net, le Cameroun a une nouvelle tête d’affiche et elle s’appelle Babal.
Japhet Mbakop Tchagha







