Les hauts cadres de la Confédération africaine de football sont accusés d’avoir décidé de manière unilatérale de la nouvelle périodicité de la Coupe d’Afrique des nations.
Selon la presse britannique, plusieurs présidents de fédérations africaines ont déclaré ne pas avoir été informés de la décision prise par la CAF de faire jouer la CAN tous les quatre ans à partir de 2028. Depuis le 20 décembre 2025, date de l’annonce de cette décision controversée, l’instance faîtière du football africain subit de vives critiques et est même accusée, selon le quotidien anglais The Guardian, d’avoir violé certains statuts en refusant de solliciter l’approbation d’une assemblée générale.

Toujours selon le tabloïd britannique, certains responsables de fédérations estiment que la décision avait été prise après validation d’une poignée de présidents jugés plus « influents » et qu’une discussion leur avait été promise durant cette CAN au Maroc, mais qu’ensuite il y a eu des suites, surtout à 24 heures de la compétition marocaine.
Certains présidents de fédérations ont affirmé avoir eu connaissance de la proposition uniquement par le biais de rumeurs et de conversations informelles. L’un d’eux a affirmé : « Personne ne nous a contactés officiellement. » Un autre a qualifié le comité exécutif de la CAF de « marionnettes », alléguant que les décisions clés étaient dictées par Véron Mosengo-Omba, le secrétaire général accusé d’avoir instauré un climat de peur toxique au sein de la confédération, sous la pression de la FIFA et de son président, Gianni Infantino.
Selon le journaliste d’investigation Romain Molina, sur 54 fédérations affiliées à la CAF, 23 ont pris part à la dernière réunion plénière un mois avant la confirmation du changement par Patrice Motsepe. Parmi cette vingtaine de patrons de fédération qui auraient fortement approuvé cette nouvelle mesure, qui entrera en vigueur dans deux ans, figuraient Faouzi Lekjaa, vice-président de la Confédération africaine de football, Souleymane Hassan Waberi, le président de la fédération djiboutienne, Samuel Eto’o, président de la fédération camerounaise, et compagnie.
Ainsi, pour justifier son acte individuel, la CAF a insisté sur le fait que l’article 23.10 de ses statuts, qui stipule que le Comité exécutif « est l’autorité suprême pour toutes les questions relatives aux compétitions de la CAF », l’autorisait à prendre cette décision. Cependant, cette interprétation est contestée par des experts juridiques et de gouvernance ayant travaillé pour la CAF. Ces derniers ont affirmé que son assemblée générale demeure l’autorité suprême et aurait dû être consultée pour une décision d’une telle importance.
Affaire à suivre







