Le mouvement paralympique camerounais affine sa feuille de route. Réunis le 23 septembre 2026 au Palais des Sports de Yaoundé, les administrateurs du Comité national paralympique du Cameroun ont posé les jalons d’une nouvelle phase de développement. Présidée par Jean Jacques Ndoudoumou, cette 15e session du Conseil d’administration a placé au cœur des échanges la structuration du mouvement, la performance sportive, la mobilisation des ressources et la modernisation de la gouvernance.
Dans une atmosphère de travail décrite comme sereine, les membres du Conseil ont passé en revue plusieurs dossiers stratégiques destinés à consolider l’écosystème paralympique national. Au centre de cette dynamique, deux nouvelles structures appelées à renforcer durablement l’architecture institutionnelle du CNPC : la Médiathèque nationale paralympique et l’Académie nationale paralympique.

La première doit progressivement se déployer à travers un plan en trois phases, avec le lancement immédiat de sa première étape. Elle aura notamment pour vocation de documenter, préserver et valoriser le patrimoine historique du mouvement paralympique camerounais. La seconde, dont les principaux responsables ont déjà été désignés, se prépare à entrer en activité. Deux leviers de formation, de transmission et de capitalisation des savoirs que le CNPC entend rendre opérationnels au cours de l’année 2026.
Sur le terrain de la performance, les indicateurs présentés au Conseil d’administration traduisent également une dynamique sportive significative. Les rapports d’activités consacrés au premier semestre font état de plus d’une trentaine de médailles remportées par les para-athlètes camerounais lors de compétitions internationales qualificatives, avec plusieurs titres continentaux à la clé. Certains représentants nationaux détiennent par ailleurs des records africains dans leurs disciplines, tandis que de jeunes talents occupent déjà les premières places du classement continental dans certaines épreuves.

Des résultats qui alimentent une ambition à plus long terme : la campagne de qualification pour les Jeux paralympiques de Los Angeles 2028. Le CNPC entend augmenter le nombre de para-athlètes susceptibles de décrocher leur billet pour la compétition paralympique et créer les conditions nécessaires à une préparation de haut niveau.
Pour soutenir cette ambition, la bataille se jouera également en dehors des aires de compétition. Une stratégie de mobilisation des partenaires institutionnels, économiques et privés doit être enclenchée dès la semaine prochaine. Des équipes seront déployées sur le terrain pour rechercher des accompagnements financiers, logistiques et matériels capables de soutenir la préparation des athlètes et la participation de la délégation camerounaise aux prochaines échéances internationales.
Autre chantier majeur : la gouvernance. À la suite d’un séminaire réunissant les différentes composantes du mouvement paralympique, un groupe de travail a été chargé de repenser le cadre normatif et institutionnel. Six projets de textes ont ainsi été élaborés pour adapter le fonctionnement du CNPC aux réalités actuelles et aux standards internationaux de gouvernance sportive.
Trois textes ont déjà été examinés et enrichis au cours de cette session : les statuts, le règlement intérieur et le code électoral. Les trois autres sont annoncés pour décembre, avant une transmission de l’ensemble du dispositif à l’Assemblée générale pour examen et adoption.
À cette réforme normative s’ajoute la mise en place de trois tomes de manuels de procédures consacrés notamment à l’administration, aux ressources humaines et aux aspects techniques du mouvement paralympique. Des référentiels appelés à harmoniser les pratiques, clarifier les responsabilités et renforcer l’efficacité opérationnelle des différents acteurs.
Au terme de cette 15e session, le CNPC affiche ainsi une trajectoire articulée autour de trois leviers : structuration institutionnelle, performance sportive et professionnalisation de la gouvernance. Avec en ligne de mire les échéances internationales à venir, et surtout Los Angeles 2028, le mouvement paralympique camerounais entend désormais transformer ses acquis en qualification, ses talents en performances et ses ambitions en résultats sur la scène mondiale.
WILFRIED NGOMSEU







