Samedi 17 octobre dernier, la capitale régionale du Sud-Ouest a résonné aux couleurs d’une fête mémorable. De retour sur la terre de ses premiers pas artistiques, l’auteur du tube « Caleçon » a offert au public du stade de Molyko une soirée d’une intensité rare. Bien plus qu’un simple concert de retrouvailles, ce Homecoming s’est imposé comme une véritable démonstration de force pour le paysage musical camerounais.
La stratégie d’un sacre annoncé
Ce triomphe populaire ne doit rien au hasard. En amont du rendez-vous, Kocee a orchestré un plan de communication millimétré. En lançant le single inédit « Go Na Go », un titre truffé de références régionales et de répliques populaires, l’artiste avait déjà conquis le cœur des jeunes de Buea.

À cela s’est ajoutée une campagne d’une rigueur exemplaire : présence continue sur les antennes nationales, collaborations rémunérées avec les figures majeures du web et ateliers de formation organisés avec des vidéastes nigérians (Skit to Stardom). Une formule gagnante qui a fini par saturer l’espace médiatique et susciter un engouement massif, comme en témoignaient les longues files d’attente étirées dès la fin d’après-midi autour du complexe sportif.
Molyko monte en température
Lorsque le coup d’envoi est donné, la scène voit défiler une pépinière de jeunes talents venus chauffer les travées. De Khorus à Fashion Dee, en passant par Yung Time, King Kum ou Alva, la jeunesse locale a fait montre d’un dynamisme débordant.
La température a franchi un palier décisif lors du passage de Spaco, venu raviver la nostalgie des lieux avec « Chop Small Small, Chop for Long ». À sa suite, la rappeuse Askia a imposé sa verve incisive avant de céder le micro à Asaba. Surnommée « Queen Mother », cette dernière a livré une prestation scénique d’une grande maturité, alliant aisance vocale et chorégraphie impeccablement exécutée. Les apparitions successives de King Luca, soutenu par le collectif Akumba, puis de figures bien connues telles que CG, Icekid Charisma et BK Baptist, ont définitivement embrasé Molyko.

L’ouragan Kocee : une ferveur hors norme
Il était un peu plus tard dans la soirée quand la tête d’affiche a fait son apparition sous les hurlements d’une foule en délire. Épaulé par un orchestre live d’une précision remarquable et porté par la troupe Cameroon Dance Academy, Kocee a d’abord installé une ambiance intimiste sur ses premiers succès plus sombres (Crisis, Paolo).
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Puis la machine s’est emballée. Soutenu par l’arrivée surprise de Kameni sur le morceau Nayo, l’artiste a rapidement fait basculer le stade dans une symbiose totale. Quand ont retenti les premières notes de « Balancé », « I Love You », « Caleçon » ou « Deux œufs spaghetti », Molyko s’est mué en un gigantesque chœur à ciel ouvert, reprenant chaque refrain à tue-tête.
Face à cette marée humaine transportée par l’émotion et refusant de quitter les lieux, Kocee a bouclé la soirée en réinterprétant son nouvel hymne « Go Na Go » sous des acclamations retentissantes.
Une référence pour le divertissement local
Au-delà de la prouesse artistique et du succès de fréquentation, le rendez-vous du 17 octobre fixe un cap ambitieux pour le milieu du spectacle au Cameroun. En alliant pertinence culturelle, accompagnement professionnel et maîtrise des prestations en direct, Kocee prouve qu’un projet structuré peut rivaliser avec les plus grandes productions du continent. De quoi marquer les esprits bien au-delà des frontières de Buea.
DJUSSI Stephie Merveille







