Sept rondes, une seule défaite évitée, et surtout une précision redoutable sur l’échiquier. Benjamin Didier Banlock, président de la Fédération Camerounaise des Échecs, a frappé un grand coup à Casablanca fin août en remportant le Tournoi de Blitz des présidents des fédérations africaines francophones, avec une performance de 6,5 points sur 7.
Dans le rythme effréné du blitz, où chaque seconde peut faire basculer une partie, le président camerounais a fait parler son expérience. Ouvertures maîtrisées, développement rapide des pièces, sens aigu de la tactique et capacité à convertir les positions favorables : Banlock a imposé son tempo jusqu’à décrocher la première place. Une performance qualifiée de stratosphérique, à quelques jours seulement du 11e Championnat de Blitz de la Francophonie, prévu le 5 septembre 2026.

Un président qui joue aussi sur l’échiquier
À Casablanca, Benjamin Banlock n’était pas simplement le représentant institutionnel du Cameroun. Il était également derrière l’échiquier, avec cette particularité qui le distingue : dirigeant de la discipline et joueur de haut niveau.
Son score de 6,5/7 témoigne d’une remarquable régularité dans une cadence où la moindre imprécision peut être immédiatement sanctionnée. Dans cet exercice où la gestion du temps devient presque aussi importante que l’évaluation positionnelle, le Camerounais a su conjuguer calcul tactique, intuition et maîtrise de l’horloge pour prendre le dessus sur ses adversaires.
Cette victoire intervient dans le prolongement d’une histoire personnelle intimement liée aux 64 cases.
Plus de 30 ans à calculer les variantes
Avant de présider aux destinées de la Fédération Camerounaise des Échecs, Benjamin Banlock a consacré plus de trois décennies à cette discipline.
Longtemps considéré comme le numéro 1 national au classement Elo FIDE des joueurs camerounais, il a également porté les couleurs du Cameroun au plus haut niveau international. Il a notamment occupé le premier échiquier camerounais lors de deux Olympiades mondiales, en Russie en 2010 puis en Géorgie en 2018.

Une expérience internationale qui lui a permis de construire un réseau important dans le monde des échecs. Il a notamment été conseiller de Kirsan Ilyumzhinov, ancien président de la Fédération Internationale des Échecs, la FIDE.
Du tablier à la table des décisions
Cette expérience du haut niveau se conjugue aujourd’hui avec une nouvelle mission : transformer en profondeur les échecs camerounais.
Élu le 11 avril 2026 avec 24 voix sur 25, Benjamin Banlock a succédé à Élie Tanko à la tête de la fédération. Son projet repose notamment sur trois axes : restructurer, professionnaliser et vulgariser la discipline.
L’ambition est claire : faire sortir les échecs camerounais d’un cercle encore trop restreint pour en faire une véritable discipline de masse, tout en renforçant son niveau de performance sur la scène internationale.
Une stratégie qui passe également par la multiplication des partenariats. En mai 2026, la Fédération Camerounaise des Échecs a notamment conclu un accord de collaboration avec la Fédération des Échecs de la Région de Moscou, avec pour objectif de renforcer notamment la formation et le développement des compétences locales.
Un manager sportif qui connait aussi le football
Si son nom reste intimement associé aux échecs, Benjamin Banlock est également une figure connue du management sportif camerounais.
Il a notamment occupé les fonctions de Secrétaire Général de la Fédération Camerounaise de Football, la FECAFOOT. Recruté en décembre 2021 sous la présidence de Samuel Eto’o, il quittera finalement ses fonctions quelques mois plus tard, en mai 2022, dans un contexte marqué par des divergences managériales.
Cette expérience dans l’administration du football lui a néanmoins permis d’acquérir une expertise supplémentaire dans la gouvernance, la gestion des organisations sportives et la conduite de projets institutionnels.
Le Blitz comme premier message
À Casablanca, Banlock a donc envoyé un signal qui dépasse le simple résultat sportif.
6,5/7. Un score qui illustre à la fois la qualité du joueur et la compétitivité d’un président qui entend désormais appliquer à la gouvernance les mêmes principes qu’au jeu : anticiper, calculer, construire et surtout avoir plusieurs coups d’avance.
À quelques jours du Championnat de Blitz de la Francophonie, le président camerounais arrive avec une confiance renforcée.
Sur l’échiquier comme à la tête de la fédération, Benjamin Didier Banlock semble avoir déjà posé son premier coup.
WILFRIED NGOMSEU







