Le Stade Bollaert-Delelis a connu l’un de ces instants suspendus dont seul le football a le secret. Samedi dernier, à la 70ᵉ minute d’un match intense de Ligue 1, Ismaëlo Ganiou, jeune défenseur burkinabé du RC Lens, a inscrit son tout premier but dans l’élite. Un geste technique maîtrisé, une finition de sang-froid mais surtout une célébration lourde de symboles, dédiée à une légende lensoise : Marc-Vivien Foé.

Un but venu de nulle part ou presque
Jusque-là impeccable dans ses tâches défensives lectures d’appels, anticipation propre, interventions nettes Ganiou n’attendait qu’une ouverture pour s’illustrer dans la zone décisive. Sur un corner parfaitement brossé par le piston droit, il s’élève au-dessus du marquage, gagne son duel aérien, et catapulte le ballon au fond d’une tête croisée imparable.
Un geste de pur défenseur moderne, combinant timing, impulsion, coordination, et une maîtrise du jeu aérien que Lens travaille minutieusement à l’entraînement.
Et Bollaert s’enflamme avant de se taire par respect
Le stade explose, mais le héros du moment s’arrête net. Le jeune Burkinabé pointe le ciel, main sur le cœur, avant de reprendre les initiales « M.V.F » tracées sur son poignet. Un hommage profond, spontané, adressé à Marc-Vivien Foé, ancien Sang et Or disparu tragiquement en 2003 et toujours ancré dans la mémoire du club.
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En quelques secondes, Ganiou transforme son premier but professionnel en un moment d’unité et d’émotion pure. À Bollaert, les applaudissements se mêlent à un silence respectueux. Le football retrouve alors sa dimension humaine.

Un geste symbolique qui marque les esprits
Pour un jeune joueur issu du Faso, encore en apprentissage tactique dans le système à trois centraux lensoise, cette célébration n’est pas anodine. Elle montre déjà une maturité rare, une compréhension de l’histoire du club et de son ADN.
Ganiou n’a pas seulement marqué un but, il a créé un lien, cimenté une relation avec un public connu pour sa fidélité et son exigence.
Ce 22 novembre 2025 restera comme la nuit où Ismaëlo Ganiou a pris la lumière sans jamais oublier ceux qui l’ont précédé. Une page s’est écrite à Lens, avec l’humilité et la grandeur des plus belles histoires de football.
WILFRIED NGOMSEU







