À Yaoundé, le deuxième panel du Forum des athlètes, organisé en ce début de week-end, a placé la reconversion professionnelle au cœur des échanges. Entre valorisation du capital sportif, transfert de compétences et préparation de l’après-carrière, trois intervenants aux profils différents ont partagé leurs expériences pour mieux anticiper la sortie du sport de haut niveau.
Quitter les aires de jeu sans perdre le sens de la performance. Pour un athlète, la fin de carrière ne signifie pas nécessairement la fin de l’ambition. Elle marque plutôt l’ouverture d’un nouveau cycle, où l’expérience acquise dans la compétition doit se transformer en compétences professionnelles, en opportunités économiques et en projets durables. C’est tout l’enjeu du deuxième panel du Forum des athlètes, organisé à Yaoundé en ce début de week-end, autour du partage d’expériences et des mécanismes de reconversion.

À la conduite des débats, Diamant Brut Ngon Oly, présidente de la Commission des athlètes du Comité national olympique et sportif du Cameroun (CNOSC) et ancienne volleyeuse, a orchestré les échanges entre trois profils aux trajectoires singulières. Léandre TAWAMBA, ancien footballeur devenu entrepreneur, MOSSY SOLLE, ancienne championne de handball et promotrice d’une académie de formation, ainsi que MENGUE Tamar, athlète de para-powerlifting et professeure de philosophie, ont apporté des éclairages complémentaires sur la transition entre carrière sportive et vie professionnelle.
Au-delà des palmarès, des titres et des performances enregistrées en compétition, les discussions ont mis en évidence une réalité souvent reléguée au second plan : la reconversion se prépare bien avant la dernière apparition sur le terrain, sur le parquet ou sur la plateforme de compétition. L’anticipation constitue un levier essentiel pour limiter la rupture socio-professionnelle consécutive à l’arrêt de la pratique intensive. Formation académique, acquisition de compétences transférables, entrepreneuriat et diversification des activités figurent ainsi parmi les pistes permettant de sécuriser l’après-carrière.
Les parcours des panélistes illustrent cette capacité à convertir le capital sportif en ressources professionnelles. La discipline, la résilience, la gestion de la pression, le leadership et la culture du résultat, développés au fil des entraînements et des échéances compétitives, peuvent devenir de véritables atouts dans le monde de l’entreprise, de l’éducation ou de la formation sportive. La reconversion ne se résume donc pas à un changement de métier : elle implique une redéfinition de son identité professionnelle et une nouvelle projection de ses compétences.
L’expérience de MOSSY SOLLE, à travers la promotion d’une académie de formation, renvoie également à la transmission et à la pérennisation des acquis sportifs auprès des jeunes générations. Celle de Léandre TAWAMBA met en perspective les possibilités offertes par l’entrepreneuriat après le football, tandis que le double profil de MENGUE Tamar souligne la complémentarité possible entre pratique sportive de haut niveau et engagement dans une carrière intellectuelle.
En réunissant ces expériences autour d’une même tribune, le Forum des athlètes à Yaoundé rappelle que la performance ne se mesure pas uniquement aux médailles, aux trophées ou aux records. Elle s’apprécie aussi dans la capacité à rebondir, à se réinventer et à construire un avenir au-delà de la compétition. Car si la carrière d’un athlète connaît nécessairement un terme, son potentiel, lui, ne doit pas prendre sa retraite.
WILFRIED NGOMSEU







