Il a manqué peu pour que la fête tourne au drame judiciaire. Il y a quelques jours, l’artiste Fadil Le Sorcier a été interpellé puis conduit à la Police judiciaire de Bonanjo, à Douala. En cause : une altercation à l’Opium Lounge de Bali qui aurait dégénéré en coups de feu. Libéré quelques heures plus tard, le chanteur échappe pour l’instant à la prison.
D’après les informations rapportées, tout serait parti d’une dispute avec un client dans les locaux de l’Opium Lounge. L’ambiance, électrique, aurait basculé.

L’artiste aurait alors sorti une arme à feu et tiré à trois reprises. Panique immédiate, salle évacuée par le personnel. Quelques heures après son audition, Fadil Le Sorcier recouvre la liberté. À ce jour, aucune charge formelle n’a été établie contre lui.
Du Noun à la scène : l’histoire de Fadil
Fadil est né au Noun, dans la région de l’Ouest du Cameroun. De par son expérience de DJ, c’est un enfant des boîtes de nuit. Il a appris le métier derrière les platines, d’abord dans les soirées au pays, ensuite auprès de la diaspora camerounaise en France. Les lounges, les sons, la foule : c’est son univers depuis des années. C’est là qu’on l’a surnommé “Sorcier”. Pas à cause de la magie. Mais parce qu’il savait mettre le feu et faire danser les gens.
Cependant que s’est il passé cette fois ci ? Pour lui qui n’est pas un bleu dans ce type d’endroit. Qu’est-ce qui aurait causé cet emportement ?
Ce que l’incident dit de nous
Deux choses posent problème ici. D’abord, le port d’armes. Au Cameroun, c’est encadré par la Loi N° 2016/015 du 14 décembre 2016. L’article 50 alinéa 2 prévoit un emprisonnement de 5 à 10 ans et une amende de 1 à 20 millions FCFA pour celui qui, sans autorisation, transporte ou fait usage d’armes de la 4ème catégorie c’est-à-dire les armes à feu et munitions dites « de défense ».
Ensuite, la responsabilité de l’artiste. Quand on est connu, on représente quelque chose. Le public lui, te suit à chaque geste. Le “Sorcier” de la scène amuse, fait danser, mais dans la vraie vie, la loi s’applique à tout le monde. On peut jouer un rôle sur scène sans l’importer dans la rue.
À cette l’heure, le dossier reste suspendu. Aucune condamnation, aucun fait juridiquement établi. Seulement le souvenir d’une nuit à Bali, le bruit de trois détonations, et une salle vidée en précipitation.
Fadil Le Sorcier a touché du doigt les barreaux sans les franchir. Il en sort libre, mais le message est clair : sur scène on ensorcelle, dans la vie on répond de ses actes. Car entre faire danser le peuple et le faire fuir, la frontière tient parfois à la gâchette.
Japhet Mbakop Tchagha







