On la croyait partie pour faire parler les chiffres, elle a fini par faire parler le jury. À 20 ans, Maëllys Ngo Mboui, étudiante en double licence et apôtre de la tech au féminin, a été sacrée Miss Cameroun 2026 au Palais des Congrès. Une Reine venue de France qui compte bien régner avec des lignes de code.
Du haut de ses 20 ans, Maëllys Ngo Mboui fait figure d’ambassadrice des femmes dans la technologie. Née le 8 mai 2006 en France de parents camerounais, la jeune femme a été élue Miss Cameroun 2026 à l’issue de la 19e édition, face à 23 autres finalistes. Elle succède à Audrey Black Moutongo, Miss Cameroun 2025.

Avant de conquérir Yaoundé, elle s’était déjà imposée à Paris en remportant le titre de Miss Cameroun Diaspora France en mars 2026. Un parcours préparé sur plusieurs mois, entre ateliers sur l’estime de soi, actions solidaires et préparation scénique.
Un profil scientifique qui détonne
Ce qui distingue la nouvelle reine de beauté, c’est son parcours académique. Actuellement en cycle licence en France, elle prépare une double licence exigeante: Économie-Gestion et Mathématiques-Informatique. Un choix à la croisée de l’économie, des sciences et du numérique.
Très tôt, elle a voulu lier ce parcours à un engagement. En novembre 2025, elle crée « Cameroonian Girls in STEAM », une initiative qui vise à ouvrir les portes des Sciences, de la Technologie, de l’Ingénierie, des Arts et des Mathématiques aux jeunes Camerounaises.
Loin d’être restée théorique, l’initiative a pris vie sur le terrain. En février 2026, elle organise des masterclass à Yaoundé sur l’intelligence artificielle, le leadership et l’entrepreneuriat. Quelques semaines plus tard, direction Bamenda pour un mini-hackathon où des étudiantes ont planché sur des prototypes numériques répondant à des problèmes concrets de leurs communautés. Déjà remarquée en France dans son domaine de prédilection, la « Tech », elle multiplie les activités de mentorat et d’éducation au numérique.
Un couronnement qui interroge
Son élection n’est pas sans rappeler l’histoire récente du concours. La diaspora s’est souvent invitée sur la plus haute marche: Aimée Caroline Nseke, étudiante en Suisse, sacrée en 2018, ou encore Larissa Ngangoum, étudiante en pharmacie aux États-Unis, Miss 2014.
Un constat qui relance une question récurrente: comment assurer un mandat de proximité quand on vit à 6 000 km du pays ? Le thème de l’édition 2026, axé sur la lutte contre la cybercriminalité et la responsabilité numérique, collait parfaitement au profil de Maëllys. Reste à souhaiter que la nouvelle Miss parvienne à transformer son projet numérique en présence réelle sur le terrain camerounais.
Le règne ne fait que commencer…
Japhet Mbakop Tchagha







