Le légendaire chanteur malien Salif Keita a décidé d’annuler ses prochaines prestations, en réaction aux informations faisant état de violences xénophobes visant des migrants africains dans le pays. La décision, annoncée le 25 août 2026, intervient alors que l’Afrique du Sud est confrontée depuis plusieurs mois à des manifestations contre l’immigration, dont certaines ont dégénéré en violences.
Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, l’artiste de renommée mondiale explique avoir pris cette décision avec beaucoup de regret, affirmant qu’il ne pouvait rester indifférent face aux violences rapportées contre ses «frères et sœurs africains». Son manager, Carolina Vallejo de One World Records, a confirmé l’annulation auprès de l’AFP.

«Je ne ferme pas la porte à l’Afrique du Sud. Je ferme la porte à la violence», a notamment déclaré l’artiste, qui insiste sur le fait que sa décision ne constitue pas un rejet du peuple sud-africain. Pour lui, les migrants africains sont avant tout des personnes à la recherche de travail, de sécurité et de dignité, et les difficultés économiques ne devraient pas conduire à la haine envers d’autres Africains.
Cette prise de position revêt une dimension particulière compte tenu de l’histoire qui lie Salif Keita à l’Afrique du Sud. En 1988, il avait participé au concert organisé à Wembley pour le 70ᵉ anniversaire de Nelson Mandela, dans le cadre de la mobilisation internationale contre l’apartheid. Des décennies plus tard, il estime que cette même conscience l’oblige aujourd’hui à prendre position face aux violences visant des migrants.
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Le chanteur devait notamment se produire dans le cadre du Mangaung African Cultural Festival (MACUFE), prévu en septembre 2026. Les dates et lieux précis de l’ensemble des concerts annulés n’ont toutefois pas été communiqués officiellement par son équipe.
Salif Keita laisse néanmoins entendre que cette décision n’est pas définitive. Il affirme rester ouvert à un retour en Afrique du Sud lorsque les conditions seront réunies, notamment pour contribuer au dialogue et à l’apaisement.
Avec ce geste, le « Golden Voice of Africa » transforme une décision artistique en prise de position contre la xénophobie et pour la solidarité entre Africains. Une manière pour l’artiste de rappeler que les frontières peuvent séparer les territoires, mais ne devraient jamais diviser les peuples.
Manu NKAMA







