Du grand écran aux salles de classe, l’actrice camerounaise Amélie Bengono Mapondi vient de concrétiser un rêve couvé pendant neuf ans : l’ouverture officielle de son complexe scolaire bilingue ANORLDA, à Douala. Celle qu’on connaît pour ses contenus pédagogiques viraux depuis 2021 franchit un cap. Elle n’investit plus seulement dans des rôles, elle investit dans la jeunesse. Qui est réellement la nouvelle PDG ? la rédaction de SCN a mené l’enquête.
Amélie Bengono, ce n’est pas une débutante qui a percé avec un buzz. Née le 1er décembre 1992 dans l’Ouest, de son vrai nom Ameli Bengono Mapondi, elle monte sur scène à 18 ans. 2014, première série, Épouse Moi avec Petit Pays, jamais diffusée. Des mois plus tard, elle se rattrape avec La Reine Blanche d’Ebenezer Kepombia. Un rôle de femme forcée au mariage arrangé qui révèle un jeu sans chichi.

Après, c’est le yoyo classique du cinéma camerounais : Perte collatérale avec Hippolyte Watat, Victime et des cachets qui ne peuvent pas encore construire une immeuble.
Le virage, c’est 2021. Elle tente le rétro à la Diana Bouli sur TikTok, se fait lyncher par la fanbase de l’autre. Leçon retenue. Avril 2022, elle change de masque : Jean l’Afrique, devenu Gens de l’Afrique, une web-série muette, façon Mr Bean, où elle ne dit rien et fait tout comprendre. Ça explose.
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Et puis 2023, elle bifurque encore. Fini la comédie pure, elle sort les capsules qui piquent : Je ne vois pas mes règles sur les grossesses précoces, la drogue, la tricherie scolaire, Retour aux sources. En juillet 2023, le métier la valide : double prix aux Africrea Awards, meilleure actrice et meilleure comédienne.
Le fameux jour…
Et puis le vlog en larmes. Elle annonce : « J’ai terminé la construction de mon école ». Neuf ans de projet, dit-elle. Neuf ans où, pendant que ses collègues ouvraient, comme elle le souligne elle-même, salons de beauté, snacks et boutiques de shopping, elle, elle économisait.

Elle parle d’épuisement, de découragement, de moqueries. Et d’un « papa » qui l’a soutenue pour finir. Sur le papier, c’est beau. Salles modernes, aire de jeux, salle informatique équipée, site sécurisé. Rentrée 2026-2027 annoncée.
Mais c’est ici que le style clinique s’impose : au Cameroun, une école de la maternelle à la 4e à Douala, avec foncier à Makepe, c’est des centaines de millions. Pas des vues TikTok. Alors la toile a sorti les calculettes. D’où vient l’argent ? Influenceuse seule ? Productrice ? Investisseurs ? La polémique qui enflamme les réseaux depuis 2 jours ne porte pas sur l’utilité de l’école, mais sur la soutenabilité du récit.
Et c’est là que le personnage est intéressant. Amélie n’a jamais vendu du rêve de luxe. Sa philosophie affichée : « La meilleure façon de se venger, c’est de s’aimer soi-même ». Elle a toujours capitalisé sur l’éducation de la jeune fille. De ce point de vue, ANORLDA n’est pas une pub, c’est une cohérence.
Alors, coup de com’ ou coup de maître ? Peu importe. Pendant que les uns comptent ses millions supposés et les autres ses fautes d’orthographe passées, il y a des salles de classe qui existent à Makepe BM. La comédienne qui jouait la muette a fini par faire taire tout le monde avec du béton. Reste à souhaiter que le béton tienne plus longtemps que le buzz.
Japhet Mbakop Tchagha






