Ils ont commencé dans les rues de Kampala avec un téléphone et une idée. Le 19 juillet prochain, les Ghetto Kids monteront sur la scène du MetLife Stadium pour le tout premier show de mi-temps de l’histoire de la Coupe du Monde. À côté d’eux, Shakira. Pour la troupe ougandaise, c’est la plus grande vitrine de leur histoire, mais pas leur première rencontre avec les stars internationales.
La Coupe du Monde 2026 démarre ce jeudi 11 juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Et pendant que les équipes chauffent sur la pelouse, une autre histoire fait déjà le tour du web : celle des Ghetto Kids. Ces jeunes danseurs ougandais, âgés de 4 à 16 ans, ne viennent pas d’une école de danse prestigieuse. Ils viennent des quartiers de Kampala, où la danse a commencé comme un jeu, puis comme une manière de s’en sortir. Leur arme ? L’énergie, la précision, et un sens du rythme qui passe la barrière de la langue.

Comment tout a commencé
L’histoire remonte à 2014. Un groupe de gamins se filme en train de danser sur Sytia Loss d’Eddy Kenzo. La vidéo est brute, filmée à l’arrache dans les rues de Katwe. Elle atterrit sur YouTube et explose : plus de 8 millions de vues en quelques semaines. Eddy Kenzo tombe dessus par hasard, via un ami. Il part à leur recherche et les retrouve. La suite est simple : il les intègre au clip officiel du morceau sorti en septembre 2014. C’est la naissance des Ghetto Kids en tant que troupe structurée. L’argent des vues et des premiers shows permet de payer l’école, d’acheter du matériel, de mettre un cadre à ce qui n’était qu’un groupe d’amis passionnés.
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À partir de là, le rythme s’accélère. En 2015, ils remettent ça avec Eddy Kenzo sur Jambole. En 2017, c’est le cap international : ils apparaissent dans Unforgettable de French Montana. Le clip tourne en boucle, les réactions pleuvent, et des artistes comme P. Diddy ou Nicki Minaj saluent publiquement leur performance. La troupe enchaîne les tournées en Afrique et passe même par le Royaume-Uni. Depuis plus de dix ans, ils construisent leur réputation à coups de chorégraphies virales et de collaborations bien senties.
La rencontre avec Shakira
Le déclic pour le Mondial, c’est TikTok. Le 14 mai 2026, ils postent une chorégraphie sur Dai Dai, l’hymne officiel de la Coupe du Monde 2026 interprété par Shakira. L’idée est simple : s’approprier le morceau avec leur style, entre danse africaine contemporaine et mouvements hyper synchronisés. Quatre jours plus tard, Shakira repère la vidéo. Elle contacte directement la troupe et les invite à participer au spectacle de la mi-temps de la finale, le 19 juillet au MetLife Stadium. Première fois qu’un show de mi-temps existe dans l’histoire de la Coupe du Monde. Première fois aussi que des danseurs ougandais montent sur cette scène-là.
À Kampala, les répétitions tournent à plein régime. Le terrain de foot qui sert de studio voit passer les enfants tous les jours. L’ambiance est électrique. « On a hâte de montrer au monde qui on est », lâchent-ils entre deux enchaînements.
Ce n’est pas la première fois que les Ghetto Kids collaborent avec des pointures. Mais c’est clairement le plus gros coup. Monter sur la scène de la finale du Mondial, devant des centaines de millions de téléspectateurs, ça change d’échelle.
Pour le groupe, l’enjeu dépasse la performance. Le projet est né d’une initiative sociale qui accueille des enfants des quartiers pauvres de Kampala. La danse finance leur scolarité, leurs soins, leur quotidien. Le passage chez Shakira, c’est une vitrine, mais aussi un levier pour attirer des partenaires et financer un centre éducatif et d’insertion.
Alors le 19 juillet, quand la musique lancera et que les Ghetto Kids entreront en scène, ce sera plus qu’un show. Ce sera la preuve que dix ans de travail, partis d’une vidéo filmée avec les moyens du bord, peuvent finir sous les projecteurs du plus grand événement sportif de la planète.
Et entre nous, si vous zappiez pendant la mi-temps, vous rateriez peut-être le moment le plus vivant de la soirée.
Japhet Mbakop Tchagha







