À seulement 22 ans, la Camerounaise Georgette Ijang Tanyi vient de franchir un cap majeur en s’engageant pour une saison avec le RK Žalgiris Kaunas, pensionnaire de l’élite du handball lituanien. Partie des terrains universitaires de Buea avant de s’aguerrir sous les couleurs de FAP Handball Dames, l’arrière droite, présélectionnée pour la Coupe d’Afrique des nations féminine 2026 en Tunisie, incarne une trajectoire faite d’apprentissage, de persévérance et d’ambition. Une ascension qui donne une nouvelle dimension à son rêve de porter haut les couleurs du Cameroun.
Il y a des carrières qui se construisent au fil des saisons et d’autres qui avancent à pas de géant. Celle de Georgette Ijang Tanyi appartient à cette deuxième catégorie. À 22 ans, la native du département de la Momo, dans l’arrondissement de Mbengwi, région du Nord-Ouest du Cameroun, s’offre une première expérience à l’étranger avec le RK Žalgiris Kaunas. Un nouveau défi dans un championnat de première division qui marque un tournant décisif pour cette arrière droite au parcours atypique.
De l’university of Buea HC à FAP Handball Dames, l’école de la progression
Son histoire avec le handball commence à 19 ans. Là où d’autres joueuses ont déjà plusieurs années de formation derrière elles, Georgette Ijang Tanyi découvre relativement tard les exigences d’une discipline où la puissance, la lecture du jeu, la coordination et la vitesse d’exécution font la différence. Mais le retard apparent ne devient jamais un obstacle définitif. Il se transforme en moteur.

C’est a l’university of Buea Handball Club que la jeune Camerounaise acquiert ses premiers fondamentaux. Elle y apprend les bases du jeu, les déplacements sans ballon, le replacement défensif, le timing des interventions et les exigences du jeu collectif. Sur le terrain, chaque séance devient une occasion de perfectionner ses appuis, d’affiner sa gestuelle de tir et de mieux comprendre les mécanismes tactiques du handball.
Puis vient le passage à FAP Handball Dames, où elle évolue pendant deux ans. Au sein de cette formation, elle franchit un palier dans son développement. L’intensité des entraînements, la confrontation à des adversaires plus aguerries et les exigences de la compétition lui permettent de consolider ses acquis. Elle affine son profil d’arrière droite, un poste qui exige de la puissance dans le duel, de la précision dans le tir à distance, une bonne capacité de fixation et une lecture rapide des intervalles. À ce stade, le handball n’est plus simplement une passion récemment découverte. Il devient un véritable projet professionnel.
Menguede Simon Burchard et Kongyuy Sifan, les soutiens d’une ascension
Derrière cette progression se trouvent aussi des personnes qui ont cru en son potentiel. L’entraîneur Menguede Simon Burchard occupe une place importante dans son parcours. Selon la joueuse, il a constamment encouragé ses efforts, nourri sa détermination et renforcé sa volonté de poursuivre le travail, même lorsque le chemin exigeait davantage de sacrifices.
Kongyuy Sifan a également joué un rôle moteur dans son évolution. Par ses encouragements et son insistance sur le travail, elle l’a poussée à élever ses exigences personnelles et à donner le meilleur d’elle-même.

Ces soutiens ont accompagné la construction d’une joueuse qui a dû apprendre vite, progresser dans un environnement compétitif et croire en ses possibilités. Car derrière chaque contrat professionnel se cachent des heures de répétition, des efforts parfois invisibles et cette discipline quotidienne qui distingue les ambitions passagères des projets de carrière.
Žalgiris Kaunas, un nouveau terrain d’expression
Aujourd’hui, le défi change d’échelle. En rejoignant le RK Žalgiris Kaunas pour une saison, Georgette Ijang Tanyi découvre un nouvel environnement de travail et une autre culture du handball. En Lituanie, elle devra s’adapter aux exigences tactiques de son équipe, au rythme des rencontres et à l’intensité physique d’un championnat de première division.
Pour une arrière droite, les attentes sont élevées : apporter du danger sur la base arrière, exploiter les espaces créés par les joueuses de la ligne, déclencher des tirs en appui ou en suspension, fixer la défense adverse et contribuer à l’équilibre défensif. La capacité à prendre les bonnes décisions sous pression sera tout aussi déterminante que la puissance du bras ou la qualité des duels.
Cette première expérience européenne représente ainsi bien plus qu’un changement de maillot. C’est une opportunité de gagner en maturité, d’élargir son registre technique et tactique et de se mesurer à de nouvelles exigences professionnelles.
Les données de match relayées par Sofascore font également état d’une rencontre européenne du RK Žalgiris Kaunas face au HC Galychanka Lviv, conclue sur une défaite de 31 buts à 28. Cette confrontation en EHF European Cup illustre le niveau de compétition auquel le club est exposé, même si elle ne suffit pas, à elle seule, à établir le bilan individuel de la Camerounaise.
La présélection pour la CAN 2026, un autre rêve à portée de main
La progression de Georgette Ijang Tanyi prend une dimension supplémentaire avec sa présélection en équipe nationale féminine du Cameroun pour la Coupe d’Afrique des nations 2026, prévue en Tunisie. Pour cette joueuse originaire du Nord-Ouest, l’horizon européen pourrait ainsi se conjuguer avec l’ambition internationale.

Porter le maillot des Lionnes indomptables représenterait une reconnaissance du travail accompli et une occasion de mettre ses qualités au service du collectif national. Dans un groupe où la concurrence impose de la régularité, de l’impact physique et une discipline tactique irréprochable, elle devra continuer à démontrer sa capacité à répondre aux exigences du haut niveau.
Sa présence dans le processus de présélection ouvre une perspective encourageante, sans toutefois préjuger de sa participation à la liste définitive. La prochaine étape consistera à transformer cette opportunité en une place durable dans le projet sportif national.
De Mbengwi à l’Europe, une histoire qui ne fait que commencer
À 22 ans, Georgette Ijang Tanyi n’a pas encore achevé son apprentissage. Elle entre plutôt dans une phase où chaque entraînement, chaque duel défensif, chaque tir et chaque minute de jeu peuvent contribuer à façonner la joueuse qu’elle ambitionne de devenir.
De ses premiers pas au University of Buea Handball Club à ses deux saisons avec FAP Handball Dames, jusqu’à son engagement avec le RK Žalgiris Kaunas, son itinéraire rappelle qu’un départ tardif n’interdit pas une ambition élevée. Il faut de la volonté pour apprendre, du caractère pour persévérer et du courage pour accepter de recommencer dans un nouvel environnement.
Pour le handball camerounais, son parcours constitue une histoire à suivre : celle d’une arrière droite qui tente de transformer son potentiel en performance et son rêve en carrière internationale. Pour les jeunes joueuses qui découvrent cette discipline, elle porte aussi un message simple : l’âge auquel on commence ne détermine pas, à lui seul, la hauteur à laquelle on peut aspirer.
Le plus difficile commence peut-être maintenant. La Lituanie lui offre une nouvelle scène, la présélection nationale lui ouvre une perspective supplémentaire et le travail quotidien demeure la clé de la suite. De Mbengwi aux parquets européens, Georgette Ijang Tanyi avance avec un objectif : faire de chaque opportunité une preuve de sa valeur et inscrire durablement son nom dans l’histoire du handball camerounais.
WILFRIED NGOMSEU






