Le Canon Sportif de Yaoundé a perdu l’un de ses plus grands buteurs, mais pas la mémoire de ses exploits. La dépouille de Jean Manga Onguéné, ancien avant-centre emblématique des Mekok-Me-Ngonda, a foulé le sol camerounais ce mardi 20 octobre 2026, à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Un retour chargé d’émotion pour une légende qui aura marqué de son empreinte l’histoire du football national et continental.
Dans le hall de l’aéroport, les visages sont graves et le recueillement domine. Dirigeants, anciennes gloires du Canon, supporters et personnalités du mouvement sportif se sont mobilisés pour saluer une dernière fois celui qui a fait trembler les défenses adverses sous les couleurs rouge et vert. À la tête de la délégation du club, le président général Emmanuel Mve Elemva et le directeur général Aloys Etoundi. L’ambassadeur itinérant Albert Roger Milla, des représentants du ministère des Sports et de l’Éducation physique ainsi qu’une délégation de la Fédération camerounaise de football ont également répondu présents.

Au-delà du protocole, c’est tout un pan de l’histoire du Canon de Yaoundé qui s’est retrouvé à Nsimalen. Pendant seize années, Jean Manga Onguéné a fait parler son instinct de buteur, son sens du placement et son efficacité dans la surface de réparation. Avec le club de la capitale, l’ancien international a bâti un palmarès exceptionnel : six titres de champion du Cameroun, six Coupes du Cameroun et trois sacres continentaux. En 1980, sa régularité devant les buts lui vaut la consécration individuelle suprême du football africain, le Ballon d’Or africain.
Après l’office religieux célébré à l’aéroport en présence de ses proches et des acteurs du football, le cortège funèbre a pris la direction de l’Hôpital général de Yaoundé, où la dépouille a été transférée. Une étape supplémentaire dans le dernier voyage de l’ancien Lion indomptable, décédé le 6 octobre dernier à Paris, à l’âge de 80 ans.
Ce mardi, le football camerounais n’a pas seulement accueilli un cercueil. Il a salué un buteur d’exception, un monument du Canon et un ambassadeur de ses plus belles conquêtes. Les filets ne trembleront plus sous ses frappes, mais le nom de Jean Manga Onguéné restera gravé dans la mémoire des amoureux du ballon rond.
WILFRIED NGOMSEU






