À l’aube de la finale, Noura Njikam se trouve dans une position particulière. Elle ne fait pas partie des grandes favorites sur le papier après les résultats des fast-tracks : elle n’est pas gagnante du Top Model Challenge, elle ne figure pas dans le Top 6 du Beauty With A Purpose, elle n’a pas été « classée » à l’issue du Head-to-Head Challenge et elle n’a pas réussi à se hisser dans le Top 5 du Multimédia Challenge, une performance qui souligne le manque de soutien des camerounais. Les votes en ligne eux, restent ouverts et le suspense est total. Retour sur le parcours d’une Miss qui a choisi de transformer sa douleur en message.

À quelques heures de la finale de la 75e édition de Miss World au Vietnam, le Cameroun retient son souffle. Sa représentante, Noura Njikam, n’a peut-être pas remporté tous les challenges préliminaires, mais elle a déjà remporté l’essentiel : l’attention du monde.
Les temps forts…
Le véritable tournant de son aventure Miss World s’est joué le 24 août, lors du Head-to-Head Challenge. C’est l’épreuve où chaque candidate doit défendre une cause qui lui est chère. Là où beaucoup choisissent un discours convenu, Noura Njikam a choisi la vérité.
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Face au jury et au monde entier, elle a pris la parole pour évoquer le cyberharcèlement, un fléau qu’elle a elle-même traversé. Elle a raconté cette année difficile marquée par des attaques incessantes sur son physique, des commentaires malveillants et la diffusion d’images truquées. Elle a confié comment cette violence numérique l’a poussée à s’isoler et à douter d’elle-même, jusqu’à nécessiter un suivi médical. C’est en citant ses propres mots qu’on comprend la force de son témoignage : elle a expliqué avoir eu l’impression de voir un animal dans le miroir à force d’être comparée à un animal.
De cette épreuve, elle a fait naître une mission, la NOUNJI fondation. Son message ce jour-là était clair : son rêve est né de la douleur et son objectif dépasse la beauté, c’est la survie et la sensibilisation. Un appel vibrant à cesser de nourrir l’obscurité sur internet.
Son couronnement et son chemin vers Miss World
Mais l’histoire de Noura ne commence pas au Vietnam. Elle commence au Cameroun, le soir de son élection le 28 juin 2024 au palais des sports de Yaoundé comme Miss Cameroun. Ce soir-là, elle remporte la couronne nationale grâce à son éloquence, sa prestance et son projet social déjà centré sur la santé mentale des jeunes et des filles. Dès son sacre, elle affichait une ambition : porter une voix différente, celle de la résilience.

Son départ pour Miss World le 09 Août passé a été vécu comme une fierté nationale. Elle s’est envolée pour représenter le 237 parmi plus d’une centaine de pays, avec la lourde tâche de défendre les couleurs du Cameroun sur la plus grande scène de beauté du monde.
Alors demain à 12h, que Noura Njikam reparte avec la couronne bleue ou non, son pari est déjà gagné. Elle n’est pas venue au Vietnam simplement pour être la plus belle femme du monde, elle est venue pour dire à toutes les jeunes filles qui se cachent derrière leur écran que la douleur peut devenir une force.
Japhet Mbakop Tchagha







