Le Cameroun perd l’une de ses pionnières. Julienne Honorine Eyenga Fouda, veuve Ayissi Ntsama, s’est éteinte ce mardi 26 mai 2026 à Yaoundé, à l’âge de 84 ans. Première Camerounaise à porter la couronne de Miss Indépendance en 1960, elle n’avait que 16 ans quand son nom est entré dans l’histoire nationale.
La rédaction de SCN revient sur le parcours d’une femme qui a marqué son époque.
Figure emblématique des premières heures de l’indépendance, Julienne Honorine Eyenga Fouda laisse l’image d’une femme entre grâce, résilience et héritage. Mannequin, hôtesse de l’air, mère d’une grande famille d’artistes, elle a incarné à la fois les espoirs et les contradictions du Cameroun naissant.

Une couronne pour l’indépendance
Née le 1er septembre 1942 à Nnom, dans l’arrondissement d’Ayos-Nbankomo, elle est sacrée Miss Cameroun Indépendance en janvier 1960 sous le regard de la Première Dame Germaine Ahidjo. Du jour au lendemain, elle devient le visage féminin de la jeune nation.
Ce titre lui ouvre les portes d’Air Afrique, où elle travaille comme hôtesse de l’air, avant de poursuivre sa carrière à Camair après la disparition de la compagnie panafricaine.
Lire aussi : Nécrologie : Nadiya Sabeh s’est éteinte
Pendant sept ans, elle bénéficie du soutien de Germaine Ahidjo. En parallèle, elle brille comme mannequin et danseuse, contribuant à faire rayonner la mode et la scène artistique camerounaise des années 60.
L’épreuve et la résilience
Symbole d’élégance à l’aube de la souveraineté, elle connaît aussi les revers de la vie publique. En 1978, elle est accusée d’avoir introduit du cannabis dans l’avion présidentiel et incarcérée à la prison centrale de Kondengui.
Innocentée en 1984 par le Tribunal militaire du Centre, elle perd toutefois son emploi à Camair. L’épreuve ne brise pas sa dignité : elle en ressort respectée pour sa force de caractère.
Une lignée d’artistes
Julienne Honorine Eyenga Fouda épouse Jean-Baptiste Ayissi Ntsama, ancien champion du Cameroun de boxe. De cette union naissent neuf enfants, dont plusieurs deviendront des figures du monde artistique et sportif :
Imane Ayissi, chorégraphe et styliste de renommée internationale ; Ayissi Le Duc, chorégraphe ; Zimbo Ayissi Ntsama Frédéric, boxeur ; Chantal Ayissi, danseuse ; Josué Ayissi Eyenga, boxeur et homme d’affaires ; Fifi Ndzié Ayissi Marguerite, styliste ; Bijou Nnomo Ayissi Geneviève, mannequin ; Souri Ntsama Ayissi Abraham, boxeur ; Juan Pedro Akassou Ayissi, danseur.
Grand-mère et arrière-grand-mère, elle transmet à sa descendance le goût de la scène et de la discipline.
À 84 ans, Julienne Honorine Eyenga Fouda s’en va en laissant bien plus qu’un titre de beauté : l’histoire d’une femme qui a porté l’image du Cameroun naissant, traversé les tempêtes, et bâti un héritage artistique qui continue de vivre.
Japhet Mbakop Tchagha






