Il est de ces champions dont les exploits traversent les générations et dont le nom reste indissociable de l’histoire d’une discipline. Joseph Kono appartient à cette catégorie rare. À force de kilomètres avalés, de courses maîtrisées et de bouquets arrachés au terme d’efforts intenses, l’ancien capitaine des Lions de la petite reine a inscrit son nom en lettres d’or dans le patrimoine sportif camerounais. Ce jeudi 29 octobre 2026, la Fédération camerounaise de cyclisme lui consacre un clin d’œil appuyé, en hommage à un parcours qui continue d’inspirer les nouvelles générations.
Né le 29 décembre 1950, Joseph Kono s’est imposé comme l’une des figures majeures du cyclisme national. Dans les années 1970 et 1980, son coup de pédale, son endurance et son sens de la course en ont fait un adversaire redouté sur les routes africaines et internationales. Capitaine charismatique de la sélection camerounaise, il incarnait une génération de coureurs capables de soutenir un rythme élevé sur la durée, de gérer leurs réserves énergétiques et de faire parler leur résistance dans les moments décisifs.

Son palmarès témoigne d’une domination exceptionnelle sur le plan national et de performances remarquées à l’échelle continentale. Sept fois champion du Cameroun, trois fois champion provincial Centre-Sud et double vainqueur du Tour du Cameroun, Kono a également conquis deux titres de champion d’Afrique. À ces distinctions s’ajoutent des succès aux Jeux d’Afrique centrale, au Tour de Côte d’Ivoire et au Tour du Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo. Au total, 77 trophées lui sont attribués, symbole d’une carrière construite dans la régularité, la combativité et l’exigence du haut niveau.
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Mais la dimension du champion dépasse les frontières africaines. Joseph Kono a participé à quatre éditions des Jeux olympiques : Munich en 1972, Montréal en 1976, Moscou en 1980 et Los Angeles en 1984. Une présence sur quatre rendez-vous olympiques qui illustre sa longévité au plus haut niveau et sa capacité à maintenir ses performances dans un sport où la condition physique, la récupération et la constance sont déterminantes.
La reconnaissance de ses pairs et des institutions est venue couronner cette trajectoire. En 1981, le président zaïrois Mobutu Sese Seko le distingue comme meilleur cycliste africain. Un an plus tard, en 1982, le président de la République du Cameroun, Paul Biya, l’élève au rang de chevalier de l’Ordre de la Valeur. Deux distinctions qui consacrent l’empreinte d’un athlète dont les performances ont contribué au rayonnement du Cameroun.
Aujourd’hui encore, selon l’hommage qui lui est rendu, Joseph Kono continue de chevaucher son vélo, fidèle à cette passion qui a rythmé sa vie. Le temps a passé, les pelotons ont changé et les exigences du cyclisme moderne ont évolué, mais son héritage demeure. Pour les jeunes coureurs, son parcours rappelle que la performance se construit à travers la discipline, la résistance à l’effort, la maîtrise tactique et une fidélité sans faille au maillot national.
En mettant à l’honneur cette figure historique ce jeudi 29 octobre, la Fédération camerounaise de cyclisme ne célèbre pas seulement une collection de titres. Elle remet en lumière une mémoire sportive, un modèle de persévérance et une page essentielle de l’épopée cycliste nationale. Joseph Kono, c’est l’histoire d’un champion qui a fait du vélo son instrument de conquête et du maillot camerounais son étendard. Une légende dont les coups de pédale continuent de résonner bien après la ligne d’arrivée.
WILFRIED NGOMSEU







