À quelques semaines seulement du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026 au Maroc, un véritable coup de tonnerre vient secouer la tanière des Lionnes Indomptables. Deux des joueuses les plus expérimentées et les plus influentes de la sélection camerounaise, Ajara Nchout Njoya et Falonne Meffometou, ont quitté le stage de préparation de l’équipe nationale, plongeant le football féminin camerounais dans une zone de fortes turbulences.
Selon plusieurs informations concordantes, les deux cadres ont quitté le regroupement après la séance d’entraînement du 21 juin au stade de Ngoa-Ekellé à Yaoundé. Une décision lourde de conséquences qui intervient dans un contexte marqué par l’arrivée d’un nouveau staff technique et par une profonde réorganisation interne au sein de la sélection nationale.

D’après les révélations de la plateforme spécialisée Allez les Lions, plusieurs facteurs auraient alimenté ce malaise. Le choix de confier le brassard de capitaine à Colette Ndzana ainsi que la nouvelle méthodologie de travail instaurée par l’encadrement technique figureraient parmi les principaux points de friction.
La nouvelle sélectionneuse, Valentine Nguele, et son staff ont décidé de repartir sur de nouvelles bases en soumettant toutes les joueuses à une évaluation complète sur les plans physique, tactique et technique, sans distinction de statut ni d’ancienneté. Une approche visant à instaurer une concurrence permanente et à renforcer l’exigence de performance au sein du groupe.
Deux départs qui fragilisent l’équilibre sportif des Lionnes
Si leur absence venait à être confirmée pour la CAN, le Cameroun perdrait bien plus que deux simples internationales.

Ajara Nchout représente depuis plusieurs années l’une des principales armes offensives des Lionnes. Capable d’évoluer comme attaquante de pointe, deuxième attaquante ou ailier, elle apporte vitesse, percussion, profondeur et efficacité dans les trente derniers mètres. Son expérience des grandes compétitions internationales, sa capacité à éliminer en un contre un et son sens du but ont souvent permis au Cameroun de débloquer des situations complexes face aux meilleures nations africaines.
Sur le plan tactique, Ajara offre également une importante variété dans l’animation offensive grâce à ses appels entre les lignes, ses décrochages et sa faculté à attaquer les espaces derrière les défenses adverses. Son départ laisserait un vide considérable dans le secteur offensif camerounais.
De son côté, Falonne Meffometou constitue depuis plusieurs saisons l’une des références de la défense camerounaise. Solide dans les duels, rigoureuse dans le placement et précieuse dans la relance, elle apporte de la sérénité à l’arrière-garde des Lionnes. Sa lecture du jeu, son leadership naturel et son expérience internationale font d’elle une joueuse essentielle dans l’organisation défensive.
Au-delà de leurs qualités individuelles, les deux joueuses incarnent également une mémoire collective de la sélection. Leur vécu lors des précédentes CAN, Coupes du Monde et compétitions olympiques représente une richesse difficile à remplacer pour un groupe en pleine reconstruction.
Un défi majeur pour le nouveau staff technique
Cette situation place désormais le nouveau staff technique face à un défi délicat. Nommée le 12 juin dernier, Valentine Nguele a hérité d’une sélection en quête de stabilité après plusieurs mois d’incertitudes et après le départ de l’ancien sélectionneur Jean Baptiste Bisseck.
Sa volonté d’imposer une culture basée sur le mérite, la compétitivité et l’égalité de traitement répond à une logique sportive moderne. Cependant, la gestion des leaders de vestiaire constitue souvent l’un des exercices les plus sensibles dans la conduite d’un groupe de haut niveau.

L’équilibre entre renouvellement générationnel et préservation de l’expérience sera déterminant dans les semaines à venir.
Une CAN capitale pour l’avenir du football féminin camerounais
Le timing de cette crise est particulièrement préoccupant. Les Lionnes Indomptables préparent actuellement une CAN qu’elles ont finalement intégrée grâce à une mesure de repêchage après avoir été éliminées sur le terrain lors des qualifications.
Logé dans le groupe D à Fès, le Cameroun devra affronter des adversaires particulièrement ambitieux : le Ghana, le Mali et le Cap-Vert.
L’enjeu dépasse largement le cadre continental. Les quatre demi-finalistes décrocheront leur qualification directe pour la prochaine Coupe du Monde féminine organisée au Brésil. Les équipes éliminées en quarts de finale conserveront une chance supplémentaire via les barrages.
Dans cette perspective, l’éventuelle absence d’Ajara Nchout et de Falonne Meffometou pourrait peser lourd sur les ambitions camerounaises. Entre leadership, expérience, impact technique et influence psychologique sur le groupe, les Lionnes pourraient perdre deux pièces maîtresses au moment où chaque détail compte.
Pour l’heure, ni les deux joueuses ni la Fédération Camerounaise de Football n’ont officiellement communiqué sur cette affaire. Mais une chose est certaine : à un mois de la CAN, la tanière des Lionnes traverse sa première grande zone de turbulence de l’ère Valentine Nguele. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si cette fracture peut être réparée ou si le Cameroun devra se lancer dans la bataille continentale sans deux de ses figures les plus emblématiques.
WILFRIED NGOMSEU







