À près de 80 ans, Eko Roosevelt vient d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la musique camerounaise. Le chanteur, compositeur et musicien a décroché un disque d’or grâce à son titre emblématique «Tondoho Mba», après que celui-ci ait atteint la barre des 100 millions de streams.
Le titre «Tondoho Mba» fait partie du coffret de l’anthologie musicale «Fleurs musicales du Cameroun», un projet initié à l’époque par le ministère de l’Information et de la Culture, sous la direction du célèbre saxophoniste et arrangeur camerounais Manu Dibango, disparu en 2020.

Pendant des décennies, «Tondoho Mba» est resté un trésor apprécié des passionnés de makossa et des collectionneurs de vinyles. Puis, à la faveur des rééditions et des découvertes de producteurs internationaux, le morceau a connu une seconde vie. Son groove, son élégance mélodique et son identité profondément camerounaise ont séduit une nouvelle génération d’auditeurs à travers le monde.
La réédition du titre par le producteur français Guts, puis l’utilisation de certains éléments sonores par le duo britannique Disclosure dans le morceau «Tondo», ont permis à des millions de personnes de découvrir l’univers musical d’Eko Roosevelt. Ce succès international a largement contribué à remettre en lumière cette œuvre emblématique.

L’artiste n’est pas un nouveau venu dans l’industrie musicale. Il appartient à une génération qui a contribué à construire et à populariser la musique camerounaise moderne.
Son parcours est notamment associé au makossa, au funk et à des sonorités inspirées de son environnement culturel. Au fil des décennies, il a également construit une identité artistique profondément liée à son territoire et à son histoire.
Plus qu’un disque d’or : une reconnaissance pour toute une mémoire musicale
Cette distinction dépasse la performance commerciale. Elle célèbre un héritage, récompense une carrière construite avec patience, passion et fidélité à une identité musicale profondément camerounaise.
À travers Eko Roosevelt, c’est toute une génération d’artistes qui retrouve aujourd’hui la lumière : celle de Manu Dibango, André-Marie Tala, Anne-Marie Nzié, Francis Bebey, Eboa Lotin et de tant d’autres pionniers qui ont façonné l’identité sonore du Cameroun.

Le disque d’or d’Eko Roosevelt est bien plus qu’un trophée. C’est un message adressé à toute une génération : le talent n’a pas de date de péremption, et les grandes œuvres finissent toujours par trouver leur public.
Cette distinction intervient alors que l’artiste continue de faire vivre son univers musical et culturel. En juillet 2026, Eko Roosevelt s’est notamment produit au Tomorrowland, en Belgique, l’un des plus grands festivals de musique électronique au monde.
Parce que la culture ne vieillit jamais. Elle se transmet, se réinvente et continue d’inspirer le monde.
Manu NKAMA







