Deux ans plutôt que quatre : le football africain conserve une vitrine qui fait battre le cœur de tout un continent. En décidant de maintenir la Coupe d’Afrique des Nations à une périodicité biennale, la Confédération Africaine de Football (CAF) préserve bien plus qu’une tradition. Elle garantit aux sélections nationales, aux joueurs, aux fédérations et aux supporters la continuité d’un rendez-vous majeur du calendrier footballistique continental.
Réuni le jeudi 29 octobre 2026, le Comité exécutif de la CAF a unanimement validé le retour à une CAN organisée tous les deux ans, abandonnant ainsi la réforme annoncée en décembre 2025 qui prévoyait un passage à un cycle quadriennal. Un réajustement stratégique qui pourrait produire des retombées importantes à plusieurs niveaux de la chaîne footballistique africaine.

Sur le plan sportif, cette périodicité représente une véritable opportunité pour les sélections nationales. Elle permet aux staffs techniques de travailler sur des cycles de qualification plus rapprochés, de renouveler progressivement leurs effectifs et d’offrir davantage de perspectives aux joueurs en quête d’une première expérience internationale. Pour les jeunes talents, la CAN demeure une plateforme d’exposition exceptionnelle, capable de propulser une carrière vers les championnats les plus compétitifs.
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Pour les fédérations nationales, le maintien de cette fréquence constitue également un levier de développement. La régularité des campagnes qualificatives et des phases finales favorise la structuration des équipes nationales, la mobilisation des partenaires institutionnels et privés ainsi que la planification des ressources humaines et logistiques. Une compétition organisée tous les deux ans offre également davantage d’occasions de valoriser les programmes de formation et de détecter les talents issus des championnats locaux.
L’enjeu est tout aussi important sur le plan économique. La CAN génère des opportunités commerciales à travers les droits de diffusion, le sponsoring, le marketing sportif, le tourisme et les activités connexes. En maintenant sa fréquence, la CAF préserve un rendez-vous récurrent susceptible de mobiliser les investisseurs, les annonceurs et les diffuseurs autour du football africain. Les pays hôtes bénéficient également d’une exposition internationale et d’une dynamique économique liée à l’accueil des délégations et des supporters.
Autre bénéficiaire de cette décision : le public africain. La CAN reste un puissant facteur de rassemblement, de communion populaire et de valorisation des identités culturelles. Des tribunes aux espaces de retransmission, en passant par les diasporas, chaque édition entretient une ferveur particulière autour des sélections nationales.
Cette orientation intervient alors que la CAF réfléchissait à la création d’une Ligue des Nations africaine, susceptible de diversifier son offre de compétitions et ses sources de revenus. Mais le président Patrice Motsepe et son Comité exécutif ont finalement privilégié la conservation de la CAN dans son format biennal.
La prochaine édition est maintenue en 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, avant le rendez-vous de 2028, puis ceux de 2031 et 2033.
En définitive, le maintien du cycle biennal constitue un enjeu de continuité sportive, de visibilité économique et de rayonnement culturel. Pour les footballeurs, deux années supplémentaires d’attente auraient signifié une fenêtre de moins pour défendre les couleurs nationales. Pour les supporters, c’est un rendez-vous populaire préservé. Et pour le football africain, c’est surtout une occasion de continuer à faire de sa compétition phare un moteur de développement et une vitrine de son immense potentiel.
WILFRIED NGOMSEU






