La FIFA aurait pris en charge près de 4 millions de dollars d’impôts personnels de son président, Gianni Infantino, aux États-Unis, pour les années 2024, 2025 et 2026. Une révélation issue d’enquêtes du New York Times et du Monde, publiées le 2 novembre 2026, qui relance le débat sur la gouvernance, la transparence financière et la gestion des ressources de l’instance mondiale du football.
La FIFA au service du football ou au bénéfice de son président ? La question mérite d’être posée après les révélations publiées par le New York Times et Le Monde concernant la prise en charge des obligations fiscales de Gianni Infantino aux États-Unis. Selon les documents internes consultés par les deux médias, la Fédération internationale de football aurait réglé près de 4 millions de dollars d’impôts dus par son président pour les exercices 2024, 2025 et 2026.
Une dépense particulièrement sensible, alors que ces ressources proviennent des finances de l’instance mondiale, dont la mission première reste le développement et la promotion du football.
Près de 4 millions de dollars de fiscalité pris en charge
D’après l’enquête du Monde, publiée le 2 novembre 2026, cette prise en charge découle d’un mécanisme d’égalisation fiscale initialement destiné aux employés de la FIFA détachés aux États-Unis.
Le dispositif vise à éviter qu’un salarié en mission à l’étranger supporte une charge fiscale supérieure à celle qu’il aurait payée dans son pays de résidence habituel. Mais Gianni Infantino, qui dispose d’un statut de dirigeant élu, aurait également bénéficié de cet avantage après son installation à Miami, en Floride.

Selon les documents consultés par le quotidien français, la décision d’étendre ce mécanisme au président de la FIFA a été discutée en mai 2024, avant d’être validée en interne en décembre de la même année.
Les montants sont considérables. Les calculs de deux experts sollicités dans ce dossier évaluent à près de 4 millions de dollars les impôts américains dus par Gianni Infantino pour les trois années concernées. La FIFA aurait ainsi accepté de couvrir l’intégralité de cette facture fiscale.
La gouvernance de la FIFA au cœur des interrogations
Au-delà du montant, c’est surtout le processus décisionnel qui soulève des questions. L’administration de la FIFA aurait notamment exprimé des réserves sur cette prise en charge, estimant que cet avantage supplémentaire devait être correctement déclaré et faire l’objet d’un examen approfondi.
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La situation interpelle également sur l’indépendance des instances chargées de déterminer les rémunérations et les avantages accordés aux hauts responsables de la fédération.
Face à ces révélations, la FIFA a rejeté les accusations de non-respect de ses règles. Dans sa réponse au Monde, l’organisation affirme que les rémunérations et avantages de ses dirigeants sont déterminés par sa sous-commission indépendante chargée des rémunérations et que les procédures internes ainsi que les obligations légales et fiscales ont été respectées.
Une justification qui ne met toutefois pas fin aux interrogations sur la transparence et la gouvernance de l’organisation.
Le football ou les intérêts de Gianni Infantino ?
Ces révélations remettent sur la table une question fondamentale : jusqu’où les ressources d’une organisation sportive internationale peuvent-elles être mobilisées pour couvrir les avantages personnels de son principal dirigeant ?
C’est précisément l’interrogation soulevée par le journaliste d’investigation sportif Romain Molina. Au-delà du cas Gianni Infantino, cette affaire pose la question de la finalité des ressources de la FIFA : sont-elles prioritairement destinées à défendre les intérêts du football mondial ou servent-elles également à garantir les avantages de ceux qui dirigent l’institution ?
Un débat qui intervient alors que Gianni Infantino, à la tête de la FIFA depuis 2016, brigue un troisième mandat, dont l’élection est prévue le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc.
NNF






