Gianni Infantino traverse la zone de turbulences la plus sérieuse de son mandat à la tête de la FIFA. Après l’échec de son projet d’ouvrir certaines compétitions, dont la Coupe du monde, à des investisseurs privés, le président suisse fait face à une fronde inédite : l’UEFA menace de boycotter les compétitions de la FIFA, tandis que plusieurs confédérations, dont la CONCACAF et l’AFC, envisageraient de déclencher une motion de défiance à son encontre.
Dans ce climat hostile, à quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA, une voix africaine s’est fait particulièrement entendre : celle de Samuel Eto’o.

Un soutien assumé, à contre-courant
Dans un entretien accordé à CNN, le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a pris une position tranchée : « Je ne pense pas que le président Gianni Infantino ait fait quoi que ce soit de mal. » Pour l’ancien Lion Indomptable, la polémique actuelle serait avant tout liée au calendrier électoral, plus qu’à une véritable faute de gestion. Il va même plus loin en estimant que le projet d’ouverture aux investisseurs privés, aujourd’hui abandonné, pourrait être relancé en cas de réélection d’Infantino.
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Eto’o met en avant le bilan du dirigeant suisse : l’élargissement de la Coupe du monde, davantage d’opportunités pour les nations historiquement à l’écart des grandes compétitions, et un accompagnement renforcé pour les fédérations africaines. « Le président Gianni Infantino a changé le football », a-t-il résumé, appelant les autres pays africains à apporter le même soutien.
Une position qui s’inscrit dans une dynamique continentale
Le soutien d’Eto’o n’est pas isolé. La Confédération Africaine de Football (CAF), présidée par Patrice Motsepe, a « unanimement reconfirmé son soutien » à Infantino plus tôt ce mois-ci. En s’alignant publiquement sur cette ligne, Eto’o consolide le front africain autour du président de la FIFA, à un moment où celui-ci en a le plus besoin.
Le poids réel de ce soutien
Peut-on pour autant parler d’un soutien salvateur ? Deux éléments méritent d’être nuancés :
– *Un poids électoral réel.* L’Afrique représente 54 fédérations sur les 211 membres de la FIFA — soit le bloc de vote le plus important d’un seul continent. Un soutien africain uni pèse donc lourd dans un scrutin à la majorité.
– *Le vrai problème reste ailleurs.* La fronde vient avant tout de l’UEFA et d’autres grandes confédérations occidentales, dont le poids financier et politique au sein de la FIFA dépasse largement celui de la CAF. Le soutien africain, aussi solide soit-il, ne suffit pas à lui seul à désamorcer une éventuelle motion de défiance portée par ces blocs.
En somme
Le soutien de Samuel Eto’o est loin d’être anecdotique : il renforce la position d’Infantino sur un continent électoralement stratégique, et s’inscrit dans une dynamique déjà validée par la CAF. Mais il ne règle en rien la fracture avec l’Europe et les autres grandes confédérations, qui reste le véritable enjeu de survie politique pour le président de la FIFA. Eto’o peut consolider un pilier du soutien d’Infantino — il ne peut pas, à lui seul, le sauver.







