Scénariste incisif, producteur indépendant et réalisateur visionnaire : Frank Thierry Léa Malle cumule toutes les casquettes pour s’imposer comme l’un des moteurs les plus audacieux du cinéma camerounais contemporain. Alors que les caméras viennent de s’allumer pour son tout nouveau projet, « RAPHI », retour sur l’itinéraire d’un artiste complet qui carbure à la liberté créative, à la diversité des genres et au dépassement de soi.
Une vocation forgée entre diversité et liberté de créer
Né à Douala le 31 mai 1987, Frank Thierry Léa Malle porte en lui la richesse d’un Cameroun pluriel, guidé par des racines familiales encrées à Abong-Mbang dans l’Est et à Nkongsamba dans le Littoral. C’est lors de ses années d’études secondaires au Lycée de Kumba, dans la région du Sud-Ouest, que le jeune homme commence à aiguiser sa sensibilité artistique et son observation attentive du monde qui l’entoure.

Pour cet amoureux de l’image, le septième art s’impose très vite non pas comme une simple distraction, mais comme un langage, une nécessité. Il intègre l’Université de Yaoundé I où il décroche un Master en Arts du spectacle et cinématographie. Mais diplôme en poche, face aux réalités parfois frileuses de l’industrie, le jeune diplômé refuse d’attendre qu’on lui donne l’autorisation de raconter ses histoires. Il prend son destin en main et fonde sa propre société de production et de communication : Inception Arts & Com. La ligne directrice est claire : s’assurer une liberté créative totale, produire à son rythme et imposer une signature visuelle exigeante.
L’ascension éclair d’un talent récompensé
La machine est lancée. Dès 2016, Frank Thierry Léa Malle fait une entrée fracassante dans le milieu. Il se distingue immédiatement en décrochant le prix du Meilleur scénario au concours « 10 jours pour un film » lors du prestigieux Festival Écrans Noirs. Cette première reconnaissance agit comme un catalyseur.
Il enchaîne les courts-métrages percutants pour affiner son style et expérimenter de nouvelles formes de narration : En 2016 : Mes Vampires (sélectionné au Festival Miss Me Binga) et Point de Vue.
2017 : Hands, un projet plus intime réalisé à Berlin dans le cadre du film Ache!, à la suite d’un stage professionnel en Allemagne.
2018 : Angles, interprété par la comédienne Fidèle Ngo Bayigbedeg, qui remporte en 2021 le prix du Meilleur scénario court-métrage aux LFC Awards.

Fort de cette maîtrise du format court, le cinéaste décide de franchir un cap décisif vers le long-métrage. En 2019, il dévoile « Innocent(e)», une œuvre coup de poing qui confirme tout son potentiel. Le film séduit le public, conquiert les critiques et rafle le Prix du Jury au Festival Africlap en France, ainsi que le titre de Meilleur scénario long-métrage aux LFC Awards.
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Trois ans plus tard, en 2022, il frappe encore plus fort avec « L’Accord », une ambitieuse coproduction avec Canal+ International. Le film fait le tour des grands rendez-vous cinématographiques internationaux des Écrans Noirs au Cameroun à Vues d’Afrique au Canada, jusqu’au Festival du Film Africain de Louxor en Égypte où il reçoit une Mention Spéciale du Jury.
Et en 2025 Agents un peu trop secrets : Changement de registre audacieux ! Avec son troisième long-métrage, le réalisateur s’essaie à la comédie à travers une immersion remarquée et rafraîchissante. Il y prouve toute son agilité mise au service du divertissement grand public, démontrant qu’il maîtrise les rouages du rire aussi bien que ceux du drame poignant.
Frank Thierry Léa Malle y affirme son goût pour les récits poignants, ancrés dans les dilemmes moraux et sociaux de l’Afrique contemporaine.
«RAPHI» : Un tournage sous haute tension humaine et physique
Jamais là où on l’attend, le réalisateur vient d’engager le fer dans une tout autre arène. Depuis le 4 août 2026, les caméras ont recommencé à tourner dans une localité située aux environs de Yaoundé pour « RAPHI », ce qui constitue son quatrième long-métrage.
Pour ce nouveau projet, l’exigence a été poussée à son paroxysme. Loin de se contenter d’un tournage classique, l’équipe a amorcé la production après une phase intense de préparation.
Pendant plusieurs semaines, les comédiens ont suivi un programme rigoureux de répétitions et de coaching sur-mesure, indispensable pour aborder la charge émotionnelle et la dimension physique du scénario.
Au cœur du drame
Raphi est une jeune femme habitée par un rêve singulier : enfiler les gants de boxe. Mais face au poids des réalités financières, elle accepte de se marier pour extirper sa famille de la misère. L’espoir tourne court : peu après la cérémonie traditionnelle, son époux est brutalement arrêté. Convaincu à tort que Raphi est la dénonciatrice, le chef du village frappe fort et condamne sa famille à rembourser l’intégralité de la dot et des frais de mariage. Plongée dans une impasse financière et morale, privée d’échappatoire, Raphi prend une décision radicale : monter sur le ring lors d’une compétition de boxe pour remporter la prime et racheter la liberté et l’honneur des siens.
Un blockbuster social à l’empreinte camerounaise
Pour donner vie à ce récit captivant où se mêlent tradition, injustice, résilience et hargne sportive, Frank Thierry Léa Malle a déployé de grands moyens. Sur le plateau, une cinquantaine de professionnels survoltés techniciens chevronnés et casting d’acteurs engagés travaillent au quotidien sous la bannière d’Inception Arts & Com.
Entre le drame intime d’une femme trahie, la critique des pesanteurs sociales et la tension brute des scènes de combat, RAPHI s’annonce déjà comme l’un des rendez-vous cinématographiques les plus attendus de l’année.
En abordant le genre du film de sport à travers un prisme féminin et dramatique, Frank Thierry Léa Malle ne se contente pas de raconter une histoire : il continue d’élargir les horizons du cinéma camerounais, avec la promesse d’une œuvre poignante, visuellement percutante et résolument tournée vers le public. Le tournage se poursuit, mais l’impatience, elle, est déjà bien installée.
DJUSSI Stephie Merveille







