La crise du football gabonais relance le débat sur l’avenir des Panthères. À la suite de la suspension de la sélection nationale annoncée par le président de la République au lendemain de la dernière Coupe d’Afrique des nations (CAN) au Maroc, un député propose de retirer volontairement le Gabon des compétitions internationales pendant cinq ans afin de restructurer le football national.
Une proposition radicale face aux mauvais résultats
Le football gabonais est au cœur d’un débat sur son avenir. Face aux performances jugées insuffisantes de la sélection nationale, le député Patrick Barbera-Isaac préconise une suspension volontaire et temporaire des Panthères pendant cinq ans. Une mesure radicale qu’il présente comme une occasion de revoir les fondements du football national et de mieux orienter les ressources disponibles.

Lors de son intervention à l’Assemblée nationale, l’élu a notamment dénoncé les investissements consentis par l’État sans résultats sportifs à la hauteur des attentes.
« Monsieur le ministre, le Gabon investit beaucoup d’argent, mais les résultats ne suivent pas », a-t-il déclaré. Pour étayer son argumentaire, le député a évoqué le bilan de la sélection gabonaise depuis la création des Panthères en 1962. En phase finale de la CAN, le meilleur parcours mentionné dans son intervention se limite à deux quarts de finale, en 1996 et en 2012.
Cinq ans pour reconstruire le football gabonais
L’honorable Patrick Barbera-Isaac a également mis en cause l’absence de trophées au regard des moyens mobilisés et des années de participation aux compétitions internationales. Il a notamment rappelé la période allant de 2002 à 2013, au cours de laquelle, selon ses propos, plus de 50 matchs ont été disputés sans qu’un trophée ne vienne récompenser les efforts de la sélection.
«Entre 2002 et 2013, vous-même, vous avez joué plus de 50 matchs… bilan : zéro trophée», a-t-il lancé à l’endroit du ministre des Sports.
Pour le député, une mise en retrait volontaire des compétitions internationales permettrait au Gabon de se consacrer à une restructuration interne. Il défend ainsi l’idée d’utiliser les ressources financières disponibles sur des bases qu’il estime plus saines, avec l’ambition de revoir les priorités du football national.
Cette proposition, jugée radicale par certains observateurs et qualifiée de « lunaire » par de nombreux Gabonais, soulève néanmoins une question centrale : faut-il sacrifier plusieurs années de compétitions internationales pour tenter de reconstruire durablement le football gabonais ?
Les autorités sportives attendues sur la question
La balle est désormais dans le camp des autorités sportives et administratives, dont la réaction à cette proposition reste attendue. Le ministre des Sports était présent dans la salle lors de l’intervention. Ancien capitaine des Panthères du Gabon, il est directement concerné par ce débat sur l’avenir de la sélection nationale.
Reste à savoir si cette proposition de suspension volontaire pendant cinq ans sera examinée par les instances compétentes ou si d’autres mesures seront privilégiées pour redresser le football gabonais.
✍🏽 NNF







