Le Bikutsi camerounais a perdu le 12 septembre dernier l’une de ses voix emblématiques. Racine Sagath, de son vrai nom Paul Bede Onye, est décédé à l’Hôpital général de Yaoundé, après plusieurs mois de maladie. Entre carrière marquée par un titre emblématique, accompagnement de la jeune génération et mise en valeur du bikutsi, une lumière s’est éteinte mais la musique continue de jouer.
Pour de nombreux mélomanes, son nom reste indissociable d’un titre devenu culte : « Nnem Mintié », sorti en 2000 et largement popularisé sous le surnom « Ton caleçon fait quoi chez moi ». Le morceau figure encore parmi ses titres les plus écoutés et les plus associés à son parcours.

Mais au-delà de ce titre, Racine Sagath a contribué à faire du Bikutsi un rythme connu de tous.
Une carrière construite dans le Bikutsi
Racine Sagath s’est imposé dans un paysage musical camerounais où le Bikutsi occupait une place majeure. Sa discographie compte notamment « Minga be ve », « Abok bali mefoup », « Mebele mot dje » ou encore « Marc Vivien Foé ».
Son parcours discographique commence bien avant son succès majeur. Dans une interview accordée en 2013, l’artiste expliquait avoir sorti un premier album en 1997, puis un double album en 1998, avant de connaître une véritable reconnaissance avec Nem Mintié en 2000. Il évoquait également ses albums « Mes yeux ont vu » en 2007 et « À moi la joie, à moi le bonheur » en 2012.

Dans l’univers musical camerounais, Racine Sagath était considéré comme l’une des figures ayant contribué à faire vivre et évoluer le Bikutsi, musique profondément enracinée dans les traditions du Centre et du Sud du Cameroun.
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En 2023, après une période d’éloignement des scènes, l’artiste avait annoncé son retour avec le titre « Donnant Donner », signe d’une volonté de renouer avec son public et avec une musique qui avait marqué plusieurs générations.
Son parcours aura également été marqué par son engagement dans la défense de la musique camerounaise. Dans son entretien de 2013, il dénonçait notamment la piraterie et appelait à un véritable investissement dans les artistes et dans la production musicale.
Une voix désormais dans la mémoire
Les derniers mois de sa vie avaient été marqués par des problèmes de santé. En janvier 2026, Racine Sagath avait notamment été hospitalisé à l’Hôpital général de Yaoundé. L’établissement avait ensuite démenti des informations faisant état d’une prétendue exclusion de l’artiste pour des factures impayées, précisant qu’il avait bénéficié d’une prise en charge médicale et qu’il était sorti de l’hôpital début février.
Avec sa disparition, c’est une page du Bikutsi camerounais qui se tourne.
Mais il reste les chansons, les souvenirs et surtout cette voix reconnaissable qui aura accompagné plusieurs générations de mélomanes.
Racine Sagath s’en est allé. Sa musique, elle, continue de résonner.
Manu NKAMA







